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19/01/2020

Ma grande maison à Tokyo - Les share houses japonaises

De Le 19/01/2020
Voilà un an que j'habite dans ma maison au nord de Tokyo. J'ai passé un gros mois dans un autre logement du même type avant de m'installer ici. Un an en colocation, petit retour sur le système des share houses au Japon.
Rue résidentielle dans un quartier qui n'est pas le mien, mais ma maison a des petites briques rouges aussi ^^

Des agences spécialisées

La colocation ici est le plus souvent gérée par des agences ; comme on louerait un appartement, on loue une chambre et l'accès aux parties communes de la maison. Je n'ai pas souvenir d'avoir vu ce type d'organisation en France mais corrigez moi si c'est le cas.
J'avais organisé mon premier emménagement depuis la France, auprès d'une entreprise qui permettait de le faire à distance et proposait un engagement minimum, je devais y rester un mois au moins, et j'avais un mois de préavis pour mettre fin à la location. Pratique, mais je me suis rendue compte que tant de turn-over ne me conviendrait peut-être pas, et bien qu'il n'y ait pas eu le moindre soucis je n'étais qu'à moitié à l'aise de partager la maison que j'avais choisie, et notamment la salle de bain avec trois hommes. Sur mes six semaines de locations, il y a eu des arrivés et des départs, aucune fille à l'horizon.
Après recherches et discussions j'ai donc trouvé une autre agence qui propose des share houses où la location n'est possible que pour les femmes et qui requiert un contrat minimum de six mois. 

Ma grande maison

J'habite donc une grande maison, du moins par rapport aux standards japonais. Sur trois étages il y a 10 chambres. Mais le rez-de-chaussée est séparé du reste de la maison ; je ne connais donc pas les 4 locataires qui y vivent. Je vis dans les étages supérieurs et je partage la salle de bain, deux WC, et la grande pièce à vivre avec 5 autres personnes. Au moment où j'écris, nous ne sommes que trois résidentes, une quatrième est sur le point de quitter la maison et je suis en suspense de découvrir les nouvelles habitantes quand elles arriveront. 
J'ai la chance d'avoir pu obtenir une grande chambre lumineuse ! J'ai donc 10 mètres carrés (à peine) privés, avec deux grandes fenêtres, un énorme placard à la japonaise, un petit bureau, une chaise et un sommier. Ah et surtout : une clim !! ^^
J'ai choisi cette maison pour sa localisation ; à 5 minutes de la gare et je peux être au travail en 30 minutes ! Le luxe à Tokyo, sachant que j'ai un train direct. Et surtout : une grande cuisine ! Avec un vrai espace de vie. Finalement je ne mange pas souvent chez moi à cause de mes horaires, mais je fais de mon mieux pour cuisiner et emporter mes repas au travail, et une vraie cuisine ça aide pas mal.

Qui dit grande maison dit grande salle de bain, et bain à la pointe de la technologie. Un de ceux qui réchauffe l'eau, ou la garde à température, qui rempli la baignoire automatiquement au niveau demandé et sonne quand il est prêt à t'accueillir.
Alors c'est bien beau mais combien de temps l'eau reste chaude là-dedans ?
De la même façon, nous avons des lunettes de toilette chauffantes ; pas de super bidet mais rien que ça c'est appréciable ^^ Des choses que je n'aurai surement pas si je louais un studio.

Les services

Puisque je partage la maison avec des colocataires et que parfois ça pourrait devenir le bazar le management s'occupe du ménage et de garder la maison en état. Chaque semaine une femme de ménage vient s'occuper des espaces communs, nous livre en papier toilette, en éponges et en lessive suivant les besoins. Et nous ne sommes qu'à un email pour demander le remplacement d'une ampoule ou d'un ustensile de cuisine vieillissant.
De même, pas à s'occuper des factures ! Nous avons un prix fixe pour les charges qui couvrent l'électricité, le gaz, l'eau et internet. En une année ici, nous n'avons reçu qu'un email nous rappelant de couper le chauffage (les climatiseurs) lorsque nous ne sommes pas dans nos chambres ou le salon. De même, je passe souvent mon temps à éteindre les lumières parce que mes colocs se croient à Versailles ^^
Lors de la signature du contrat on reçoit un petit guide des règles de la maison, nous devons respecter des horaires par exemple pour utiliser la machine à laver ou bien le temps passé dans la salle de bain. Notre principale "devoir" dans la maison est de sortir les poubelles, chaque semaine une résidente de la maison s'occupe des déchets. Puisque nous sommes six c'est vraiment un tout petit truc à faire.

La vie en rose ?

Jusqu'ici je pense vous avoir bien vendu le truc ^^
Evidemment, je pense être assez chanceuse d'avoir trouvé un logement qui me convient bien, et d'être avec des colocataires respectueuses. J'imagine que le fait que la maison soit agréable dépend des locataires. 
Il y a bien quelques petits inconvénients parfois ; avec une salle de bain pour six personnes, il peut arriver d'avoir à attendre un peu pour pouvoir l'utiliser. Mais sur une année ça ne m'est pas beaucoup arrivé car finalement nous avons toutes des emplois du temps et des habitudes différentes. Mon problème principale est qu'une de mes colocs prend souvent des bains, et que le temps de le faire couler et le temps qu'elle y aille il peut parfois se passer un petit moment ; notamment pas trop pratique le matin avant le travail. Mais parfois il faut faire de petites concessions. 
Une de mes colocs, qui est désormais partie, aimait chanter tard le soir. Après un ou deux messages sur la conversation de groupe de la maison, le problème était réglé.
Mon problème principale concernait une colocataire, qui elle aussi a quitté la share house, qui laissait souvent trainer des choses sales dans l'évier. 
Rien de très grave qui ne puisse être résolu ou en tout cas communiqué par un message ou quoi. 
C'est personnellement le genre de concessions que je suis prête à faire pour habiter ce grand logement, dans un quartier pratique et qui me permet de n'être pas loin du travail ou d'autres quartiers pour sortir.
Pour le moment la situation me convient bien

Pourquoi rester en colocation ?

Effectivement, parfois j'aimerais bien avoir mon chez-moi perso, mon petit appartement décoré à mon goût, où j'aurais mes affaires personnelles et où je n'aurais pas besoin de prendre en compte les besoins d'autres personnes.
Je compte rester en colocation, dans ma maison actuelle précisément parce que :
  • obtenir un appartement en tant qu'étrangère risque d'être un parcours semé d'embuches
  • les frais pour accéder à un appartement sont souvent exorbitants ; on m'a dit de mettre au moins  l'équivalent de 6 mois de loyer de coté
  • mes projets pour les quelques années à venir ne sont pas très définis ; investir dans des meubles et des équipements pour la maison pourrait être une dépense inutile (et des efforts en plus pour s'en débarrasser si je venais à quitter le Japon)
  • je profite de plus d'espace - je devrai surement me contenter de moins de 18 mètres carrés si je voulais un studio perso
  • j'aime avoir une présence, même si je ne suis pas amie avec mes colocs
Bien sûr, parfois j'aimerai bien avoir mon chez moi mais pour le moment je n'ai pas assez de motivation pour déménager, et dépenser tant d'argent alors que je n'ai pas de gros problèmes à vivre en coloc.

Petite ou grande colocation

Comme indiqué plus haut dans l'article, la première share house que j'avais sélectionné comptait quatre chambres. J'avais fait de longues recherches pour trouver une petite colocation. Je m'imaginais mal partager une maison avec une dizaine de personnes. 
Finalement six personnes je ne trouve pas ça énorme, je me dis que dix personnes ça pourrait le faire. Tout dépend des espaces, de l'arrangement de la maison et surtout des personnalités des locataires. Il existe aussi des share houses gigantesques en bordure de Tokyo, avec quelques 300 chambres et des services extravagants (salle de ciné, salle de sport, vélo en libre service ...). Très peu pour moi ! Deux douches par étages pour quelques 25 chambres ... nope. 
Ça s'apparente clairement à des résidences universitaires ; et mon expérience de résidence en Corée était d'un autre niveau ^^

L'embarras du choix

Il existe de tout à Tokyo, dans une gamme de prix très variés vous trouverez ce qui vous convient. Petite ou grande, dans le centre ou en périphérie, chambre privée ou partagée, seulement pour les étrangers ou non ... 

01/01/2020

2020 ; je continue sur mon chemin des petites résolutions

De Le 01/01/2020
Je n'ai jamais été une adepte des résolutions pour la nouvelle année. Parce que dans le doute, au cas où je ne pourrais pas les tenir, j'ai juste préféré ne pas en prendre. Et j'avais pas vraiment de projet ou peut-être même la volonté de changer quoi que ce soit.

Et puis l'an dernier j'ai décidé d'en prendre. Des petites, des trucs réalistes, qui je savais qu'ils allaient être bénéfique pour moi, pour ce que j'avais envie d'accomplir. Et aussi parce que j'étais motivée à devenir une meilleure version de moi-même après une année où je ne m'étais pas trop écoutée. 

2019

Fin décembre l'an dernier j'ai donc, tout haut, partagé mes projets. J'allais me lever plus tôt le matin ! Et ne pas continuer ce cercle de "je me lève pour partir au boulot - je me couche en rentrant du boulot" ... Avec les horaires en décalées, on est vite dans un engrenage pas super sain. Fini le réveil à 10h30 ! De façon assez progressive si je me souviens, j'en suis arrivée à me lever à 8h. Et si je me suis couchée de façon à être assez reposée, il m'arrive de démarrer ma journée à 7h30 si je me réveille plus tôt. Le truc un peu improbable quand on sait à quel point j'aime dormir et trainer au lit. Mais le manque de productivité et de "vie" en dehors de mon travail me posait problème.
Désormais je ne me lève plus après 10h ! Je ressens une réelle différence sur mon humeur et ma fatigue. De la même manière, sauf quelques exceptions de ci de là, je suis en général prête à m'endormir à 23h. 

Mon autre défis c'était de cuisiner plus. Après tout, j'avais choisi la maison où j'habite toujours parce qu'il y avait une cuisine digne de ce nom. Et qu'en plus de faire des économies, je fatiguais un peu des options du kombini. Finalement, je n'ai pas vu de grand changement concernant l'aspect financier, car je cuisine ce que je connais, c'est à dire plutôt européen, et que je pense que ça se ressent sur la facture. Mais je me sens mieux, je pense que je mange un peu mieux, je mange vraiment ce dont j'ai envie. Y'a parfois quelques ratés mais bon, c'est le jeu. Et en décembre, à cause de la fatigue et du manque de motivation je n'ai pas cuisiné autant que d'habitude et j'ai repris le chemin du kombini ... clairement maintenant je sais que ma résolution restera avec moi, je n'ai plus vraiment envie de manger ces plats tout-prêts.
Le kombini, c'est fini!
Et finalement, celle que je n'aurai pas tenu : faire du sport !
Ça avait bien commencé et puis finalement ... ça a fait plouf ... 
Mais avec la marche quotidienne, et mieux manger (j'ai aussi suivi le jeune intermittent une majeur partie de l'année) j'ai perdu les kilos que j'avais pris en France pendant ces mois un peu bizarre à rester à la maison. Je ne vois pas une grande différence, surement parce que ça a été progressif, mais je me sens mieux sans ces 6 kilos. Ou peut-être que c'est juste un tout ! Je me sens mieux, je me sens bien. 

Alors en 2020 ?

Je continue avec les trucs petits, mais réalisables puisque ça semble fonctionner que j'imagine que ce sont les petites choses qui mènent aux grandes ^^

Je veux lire plus ; je veux faire en sorte de prendre le temps de lire. J'adore les livres, j'aime lire, mais dans la vie quotidienne ... je n'y pense pas, ou alors j'ai la flemme ! Parce que trainer sur Youtube c'est plus simple surement ... Surtout qu'il y a plein de livres que j'aimerai lire. Mon plan c'est donc de lire quand je suis dans le train, en général j'arrive à avoir une place assise, mais il m'est déjà arrivée de lire debout quand mon livre était vraiment passionnant. Si je pouvais lire 12 livres sur l'année je pense que je pourrai me dire que j'ai accompli quelque chose.
Le sport ! Je sais que ça me fait du bien, physiquement et mentalement donc je le garde dans mes résolutions ; maintenant que j'ai perdu du poids je voudrais me muscler et surtout avoir un moment où je ne pense à rien. Donc je vais tenter de faire une séance une fois par semaine. Vous la voyez la barre ? Bien bas ? ^^ 

Et enfin ... la seule résolution qui me semble douloureuse mais nécessaire : ÉTUDIER LE JAPONAIS ! Après un an ici je pense qu'il est définitivement temps que je m'y mette réellement ... je ne sais pas trop par quel bout commencer, j'ai très peur de ne pas réussir, d'apprendre des trucs qui ne me serviront pas ... C'est mon Everest de cette année.

Bien sûr je souhaite continuer ce blog et essayer d'être plus régulière mais je ne veux rien m'imposer donc ça ne sera pas dans mes résolutions de cette année. 

Keeping tracks

Pas sûre que ce soit une résolution, mais j'ai décidé de me lancer dans un bullet journal pour suivre mes efforts et mes accomplissements. Cette année j'ai pris l'habitude de suivre mes dépenses chaque jour sur une application et de faire le point tous les mois dans un beau tableau excel ; je vais donc utiliser mon journal pour suivre toutes ces autres choses et m'organiser.

あけましておめでとう。

23/11/2019

Japanniversary - Bilan de la 1ère année

De Le 23/11/2019
Nous y sommes ! Ça fait un an que j'habite au Japon ; 12 mois complets. Même un mois de plus puisque je poste cet article en retard par rapport à mes prévision ^^ C'est la plus longue période de temps que je passe dans un pays de manière continue. Techniquement j'ai passé plus de temps aux Etats-Unis, mais d'ici quelques mois le Japon prendra la première place ! 
Cette première année au Japon a eu des hauts et des bas, rien de dramatique, plutôt comme des vagues, tantôt de frustration, tantôt de sérénité. Mais surtout, l'année est passée très rapidement et maintenant je me dis que j'aurai peut-être dû garder des notes, me faire un petit journal ... je vais tout de même essayer de dresser un portrait de cette année qui vient de s'écouler.

J'ai officiellement mis le pied au Japon le 29 Octobre 2018, mais vous ne m'en voudrez pas de faire l'impasse sur ces trois jours. Ils étaient de toutes manières un peu étranges, à ne pas avoir grand chose à faire, à gérer le décalage horaire ...

Novembre - Décembre - Janvier

J'avais l'an dernier fait le point fin novembre et fin décembre, et en les relisant j'ai toujours la même sensation. Novembre a été un mois compliqué ; beaucoup de choses à gérer, des difficultés à demander des informations ou un coup de main, le stress au travail, et le manque de vie sociale. Si mes souvenirs sont bons je pense que mon régime alimentaire n'était pas top, donc ça a certainement joué sur mon moral.
En décembre tout est un peu rentré dans l'ordre, je me suis fait une petite routine après mon déménagement, j'ai tenté de sortir de ma zone de confort, j'ai fait quelques rencontres. Mes vacances pour la nouvelle année ont été très calmes, j'étais légèrement déçue mais j'avais besoin de me reposer, de prendre le temps d'appeler des amis et ma famille. En Janvier j'avais bien pris mes marques et je faisais mon petit bout de chemin dans le froid japonais. J'ai aussi profiter d'avoir un jour de congé un samedi pour sortir de Tokyo pour un petit voyage à la journée. Il faisait très froid mais Kawagoe s'est révélée être une petite ville sympathique. 
Kawagoe - lots going on in one shot

Février - Mars - Avril

La période a été relativement calme ; le stress de mon arrivée était officiellement derrière moi, j'ai commencé à trouver mes repères dans la ville et dans ma nouvelle vie. Je me suis concentré sur ma nouvelle relation avec mon copain ; mais je n'ai rien préparé pour la Saint Valentin à la japonaise. Je compte me rattraper cette année, maintenant que je suis mieux renseignée ^^
Puis est venu le temps des cerisiers ! Le cliché mais oui j'ai eu l'occasion de faire hanami quelques fois. Mais rien de spécial en Avril.
Date night au parc de Chidorigafuchi au coeur de Tokyo

Mai - Juin - Juillet

Cette période de beau temps, si on oublie la maudite saison des pluies, a été synonyme d'activité ! C'est aussi le moment où j'ai enfin eu accès à mes congés payés et où il y avait tout de même quelques journées de congés nationaux donc j'en ai profité pour voyager et découvrir le Japon.
Daikannon à Sendai - la plus grande statue d'une déesse au Japon
Il y a d'abord eu la Golden Week - une succession de congés qui s'est révélé exceptionnellement longue en 2019. J'ai eu 10 jours non-travaillés consécutifs ! Mais puisque tout le pays est en vacances les prix dans le domaine du tourisme gonflent et en n'ayant rien prévu à l'avance je n'en ai pas profité autant que j'aurai pu. Mais finalement ça s'est bien configuré ; j'ai partagé mon temps entre Tokyo et Sendai, une ville au nord de l'île principale du Japon. J'ai adoré ce petit coin et j'en ferai un article. Et mon copain et moi avons prévu notre premier week-end hors de la ville à la fin mai juste avant que la saison des pluies ne nous empêche de profiter des extérieurs. J'ai donc enfin mis les pieds à Kamakura.
En juin 梅雨 tsuyu a pointé son nez à mon plus grand désespoir ... Je crois que je garde tout de même un meilleur souvenir de cette saison des pluies en Corée du Sud. Il se trouve que cette année elle a été relativement longue et s'est étendu jusqu'à la mi juillet ... et nous a bien embêté lors d'un autre week-end à Nikko ... 
Photo oblige à Nikko - mon appareil photo est mort lors de ce voyage, propriété de mon BF ^^
Sinon juin et juillet ont été les mois où je me suis affairée à mes papiers pour la demande de visa que j'ai finalement obtenu le 9 juillet ! Mes articles sur les démarches administratives sont très consultés donc j'imagine que je ferai un récapitulatif sur l'obtention d'un visa travail au Japon prochainement. 

Août - Septembre - Octobre

J'ai eu quelques jours de congé lors de la période d'Obon en Aout et j'ai enfin fait mon baptême de Shinkansen, ce train rapide japonais si spécial. Premières impressions : je n'ai même pas senti le départ tellement c'était smooth et c'est quand même très confortable. Pas que j'en ai eu véritablement besoin, mais petite déception sur le fait qu'il m'a été impossible de me connecter au wifi ... au prix du ticket je trouve ça un peu embêtant. Ces vacances à Kanazawa avec mon copain ont été courtes selon les standards français, quatre jours, mais finalement suffisantes pour se changer les idées.
Kenroku-en à Kanazawa ; sûrement ma ville préférée pour le moment
En tout cas l'été a été éprouvant en ce qui concerne la météo ; il a fait vraiment chaud et humide ... comme prévu j'imagine. Ça aurait été incroyablement pénible sans la merveilleuse invention qu'est la clim !!! Mais ça ne m'a pas empêché de passer du temps à l'extérieur avec des amies de passage à Tokyo, avec un peu de préparation, une gourde, des lingettes désodorisantes et quelques pauses dans des cafés ça se fait bien si vous êtes en bonne santé. Mais soyez prévenu ! Vous allez dégouliner ^^
Je vous ai raconté ma journée à Jogashima ici
Cette première année s'est finalement achevée lors de mes vacances à la fin du mois d'octobre. J'ai ingénieusement organisé quelques jours de congés payés et des échanges de shifts avec mes collègues pour obtenir une pause de 9 jours consécutifs et une amie est venue me rejoindre pour visiter Tokyo et partir quelques jours à Kyoto.
Premier jour de vacances en octobre, la vieille de mon départ à Kyoto le temps était maussade à Asakusa
Finalement au bout d'un an j'ai encore beaucoup à apprendre ; j'ai par exemple découvert la semaine dernière l'existence d'un supermarché bien moins cher que celui où je fais habituellement mes courses, et qu'il y en a un à moins de 15 minutes à pied de chez moi ! Je commence aussi à prendre plus de risques en ce qui concerne la nourriture japonaise : j'ai mangé mon premier okonomiyaki fin octobre et mon premier tayaki quelques jours plus tard ! Ça fait aussi un an bientôt que mon copain me dit que je dois essayer le natto. Par contre, je n'ai pas l'impression d'avoir adopté beaucoup de comportements japonais ; surement parce qu'il y en a moins qu'en Corée du Sud (?) ou que je fréquente moins de japonais ... Mystère. Il y a aussi de nombreuses choses que je ne souhaite pas adopter. Je valide pas contre la tranquillité des transports !!!

Je termine cet article sur l'avancé de ma découverte du Japon ; il y a quelques semaines cette carte du Japon à remplir était à la mode sur Twitter. J'ai mis la mienne à jour suite à mes dernières vacances ; là voici. Petit teasing sur les voyages que j'ai à raconter :)

15/11/2019

Particularités de la relation amoureuse au Japon #HistoiresExpatriées

De Le 15/11/2019
J'ai vécu dans plusieurs pays, mais toujours dans des périodes bien définies avec billets de retour en France en poche avant le départ. Difficile pour moi de pouvoir me projeter ou m'investir dans des relations ; même les amitiés pouvaient demander beaucoup de travail dans ces circonstances. Bref, je ne ferez pas ici de point comparatif comme j'ai pu le faire sur d'autres sujets. Ici on va donc se concentrer sur la relation franco-japonaise puisque j'ai rencontré un japonais au Japon ! ^^ surprise
Pour ce vaste sujet vous imaginez bien que mon article ne sera qu'une série de réflexions personnelles sur ma propre expérience et d'autres que l'on m'a rapportées. 

Vous avez dit PDA ?!

Imaginez, dans un train, un couple monte, discute tranquillement, se regarde amoureusement, l'homme tel un gentleman porte les sacs de la femme, et puis un arrêt fatidique arrive, ils vont devoir se séparer ... alors ils se serrent la main, tels des collègues ayant terminé une bonne réunion, et la jeune femme quitte le wagon. 
Bon il est aussi possible que j'ai mal interprété la situation mais en tout cas il y avait un truc entre ces deux là. Et même si ce n'est pas vraiment comme ça que ça s'est passé cette fois là, l'anecdote que je viens de vous décrire a surement bien eu lieu quelque part au Japon. 
Dans un pays où on se touche peu (oserai-je dire pas ?), même les couples restent très discrets. Alors ce n'est pas toujours vrai, mais les Public Display of Affection (ou démonstration d'affection en public ?) reste rares. On se tient un peu la main, un petit hug par ci par là pour les plus jeunes et c'est tout !!!
Ça a été et est toujours un sujet de discussion avec mon copain ; c'est comment en France ? Et toi, idéalement tu voudrais quoi ? On peut se permettre ça ? Pourquoi c'est important ? Au Japon on fait pas trop ça ... Moi j'aime bien comme ci, comme ça. Est-ce que c'était bizarre ? Bref on a trouvé notre équilibre franco-japonais et de temps à autre un truc surgis et une nouvelle discussion se profile. 
Par contre, après un an au Japon je remarque de plus en plus lorsque les couples étrangers, des touristes j'imagine, ne contrôlent pas leur niveau de PDA. Les longues étreintes sur les quais de train alors qu'ils vont monter dans la même rame, les mains sur les fesses de l'autre (ou plus ou moins dans la poche du jean), ou encore la façon de s'asseoir confortablement l'un contre l'autre dans le train. J'ai perdu l'habitude car parfois je me dis "hum ... c'est un peu too much" alors qu'il n'y a clairement rien d'indécent ^^
La notion de décence semble justement différente ici. Je ne vois jamais de couple se faire un bisou, littéralement un petit smack de rien sur les lèvres ou sur la joue ... D'après mes sources un simple baiser serait considéré comme un acte sexuel et donc réservé à l'intimité. 

Love hotel ラブホテル

Justement l'intimité, venons-y ^^ et avec elle j'ai nommé le love hotel ! 
Revenons sur ce concept : c'est donc un hôtel dans lequel vous vous rendez pour avoir des relations sexuelles (enfin ... ou pas, personne ne viendra vérifier !) ; rien de spectaculaire, tout est dans le nom. Mais le mystère est plutôt dans le "pourquoi" que dans le "quoi" ; petit appartement, ou bien vous ne vivez pas seul. Vous ne souhaitez pas recevoir à la maison, ou vous avez envie d'un peu de dépaysement. Ou vous craignez que votre logement soit mal insonorisé ! Ou encore, infidélité ! Bref, à toute situation sa solution.
En fait, le love hotel est simplement un hôtel offrant des services plus adaptés aux couples ; en proposant plus d'intimité et de discrétion, des horaires plus flexibles, et parfois de changer d'ambiance.
L'atmosphère de Noël vous manque en plein mois de juillet ? Il y a un hôtel pour ça. Vous n'avez que quelques heures devant vous ? Il n'est pas nécessaire de réserver pour toute une nuit. Une occasion inattendue se présente ? Présentez vous sans réservation. 
Bref sur le papier c'est à la fois pratique et amusant. Enfin, une fois qu'on s'est fait à l'idée ! Parce que même si le principe est simple, il n'est pas forcément évident de faire abstraction de tous les connotations qui viennent avec l'idée d'aller au love hotel avec un partenaire, d'autant plus quand vous êtes blanche et blonde au Japon.
Je me souviens avoir expliqué à mon copain que ce concept n'existe pas en France, et probablement dans la plupart des pays occidentaux. Les couples mariés qui vont à l'hôtel c'est normal, mais y aller en plein après-midi pour quelques heures, dans la ville où vous résidez, ça n'arrive pas. Ou c'est assez rare pour ne pas nécessiter la mise en place d'hôtels spécifiques aux horaires aménagés.
Evidemment, rien ne vous empêche de réserver un hôtel tout à fait normal pour passer la nuit avec votre partenaire au Japon. A vous de voir suivant votre budget, vos besoins et vos attentes. On sait à quel point les chambres des hôtels business classiques peuvent être petites ici, et si vous préférez une salle de bain un peu sympa un love hotel semble plus indiqué. 

Homme japonais et femme étrangère

Le couple multiculturel au Japon est le plus souvent formé d'une femme japonaise et d'un homme étranger, notamment caucasien. Même si Tokyo est sûrement la ville la plus cosmopolite du pays ça reste une petite particularité qui attire un peu l'oeil. Un an que j'habite à Tokyo et je suis toujours moi-même un peu surprise quand je croise d'autres couples comme le mien. Je sais que j'ai moi même attiré l'attention, et pas forcément la plus sympathique. On s'est retourné pour bien vérifier à quoi je ressemblais alors que je me promenais tranquillement main dans la main avec mon copain ... Mais accompagné ou non, j'attire un peu l'attention donc finalement je ne m'en soucie plus trop.
Puisqu'on communique en anglais il est arrivé que les gens ayant des interactions avec nous aient des doutes sur sa nationalité ; on nous a amené des menus en anglais (pas plus mal pour que ça lui évite de me traduire la moitié de la carte finalement) ou lors de nos vacances après m'avoir demandé ma nationalité, une employée de musée a demandé à mon copain s'il était français lui aussi. Ça l'a relativement amusé sur le coup ^^
Je n'ai pas l'impression que mon couple soit si différent, mais de temps à autre mon environnement me rappelle que je suis une femme blanche avec un homme asiatique. Pour le moment cela n'a pas trop d'impact, c'est juste le temps d'une situation et le lendemain je n'y pense déjà plus, mais à long terme je peux imaginer que cela devienne pesant.

L'équilibre vie privée et vie professionnelle

Rapidement après mon arrivée au Japon j'ai compris que le travail dans la vie des Japonais était plus que central ; vous avez surement déjà entendu parler de ces personnes qui meurent d'un trop plein de travail même si vous ne vous intéressez pas plus que ça à la culture nippone. Il s'agit probablement de cas rare mais il existe un mot pour décrire ce concept, c'est donc bien qu'il y a anguille sous roche ! Tout ça pour dire que même l'employé de bureau lambda sans grandes responsabilités fera des heures sup', qu'il ira au boulot même si un typhon menace la ville et qu'il sera prêt à délaisser ses responsabilités familiales "parce que bon, mon entreprise a besoin de moi". Il est certain que les mentalités commencent à changer mais ... tout doucement. 
En France, c'est une toute autre histoire. Ce n'est pas le cas, on estime tous plus ou moins qu'il y a un temps pour travailler et un temps pour soi. Après l'heure ce n'est plus l'heure, et on considérera peut-être que quelqu'un ne fait pas correctement son travail s'il n'arrive pas à terminer ses tâches dans les temps.
Du coup quand j'ai commencé à fréquenter mon copain, j'étais plutôt rassuré qu'il soit étudiant. Je n'allais pas avoir besoin de me battre pour qu'on se voit. Mais ça c'était avant ! J'ai depuis un peu mieux saisi ce que c'est que d'être en doctorat, et sa charge de travail a clairement augmenté ces derniers mois.
Mais étudiant ou employé finalement, ça ne change pas le fait que les Japonais sont conditionnés pour faire passer le travail avant tout. Avant leur santé, avant leur famille ... j'ai halluciné quand on a comparé nos routines respectives lors de nos années lycée ... aller au lycée 6 jours par semaine, aller à l'académie privée après l'école, participer aux clubs du lycée, faire des devoirs MÊME PENDANT LES GRANDES VACANCES ... un emploi du temps de ministre !!!
Tout cela mêne même à des gens qui se plaignent d'avoir trop de congés ; en mai 2019, avec l'arrivée d'un nouvel empereur et des jours de congés rapprochés, une grande partie des résidents du Japon ont pu profiter de vacances de plus d'une semaine. Et bien certains ne savaient pas quoi faire de ce temps libre ! D'autres se sont même inquiétés pour leur entreprise ... Et j'observe lors de discussion avec mes étudiants que peu d'entre eux font des activités hors du travail ou ont un passe-temps autre que regarder la télévision. Donc 10 jours à la maison, quelle angoisse ! 

Pour en revenir à la relation amoureuse au Japon, le poids du travail, ou en tout cas de l'occupation, de votre partenaire sera difficile à éviter à mon sens. Notamment s'il n'a pas jamais été confronté à un autre contexte professionnel, à l'étranger par exemple. Trouver du temps pour se voir, pour sortir de la ville un week-end, partir en vacances ou tout simplement se faire un ciné peut demander beaucoup d'organisation. 
C'est ce que je décrirai comme LA difficulté que je rencontre personnellement ; il y a des concessions que je ne suis pas prête à faire. Oui, il y a des couples au Japon qui habitent dans la même ville et ne se voient qu'une ou deux fois dans le mois, ça fonctionne probablement pour eux ... Mais rien que le fait que ça soit normal et accepté me pose question. J'en reviens à mon constat sur les interactions sociales dans un précédent article ; qu'il s'agisse de relation amoureuse, amicale ou familiale, il me semble que le Japon tend à délaisser le coté social de l'humain, à se dire que ce n'est pas le plus important. Bizarrement les entreprises semblent plus indulgentes et permettent aux employés mariés de rentrer plus tôt chez eux ; mais personne ne se demande comment ils ont pu rencontrer quelqu'un et fonder une relation qui les a mené au mariage alors qu'on attendait d'eux qu'ils ne vivent que pour leur emploi. Bref, je diverge un peu ^^ mais pour en revenir au fait, il est certain qu'ayant des visions très différentes sur un point si central demande beaucoup de communication pour le couple franco-japonais.


J'aurai aussi pu vous parler du 告白 kokuhaku, la fameuse confession des sentiments ; mais je ne maitrise pas vraiment le sujet et je ne sais pas si mon copain a suivi le protocole ^^ Et cette métaphore du Christmas cake qui compare les femmes de plus de 25 ans à des pâtisseries périmées si elles ne sont pas casées ...  Et sûrement encore plein d'autres choses !!!

N'hésitez pas à laisser un petit mot ou une question en commentaire si le sujet vous a laissé sur votre faim.


Cet article participe au RDV #HistoireExpatriées organisé par le blog L'occhio di Lucie
La marraine de ce mois-ci est Barbara, son article sur le sujet est .

Catherine en Allemagne
Alexienne à propos des relations à distance
Kenza au Canada
Amélie et Laura sur les hommes italiens

04/10/2019

Misaki Maguro Pass - Une journée au Sud de Miura

De Le 04/10/2019
Lundi 23 Septembre c'était l'équinoxe d'automne et au Japon c'est un jour férié. Du moins, mon entreprise me permet de ne pas travailler ; week-end de trois jours oblige, j'avais envie de sortir de Tokyo ne serait-ce qu'une journée. Mais entre le coût des transports et la durée des trajets je ne savais pas trop quoi faire. Après quelques recherches de type "easy day trip out of Tokyo" dans Google je tombe sur de jolies photos de l'île de Jogashima. Ça a l'air un peu différent, c'est la mer ... et en plus je découvre qu'il existe un day pass pas trop cher : le Misaki Maguro Day Trip Ticket (il existe aussi une version sur deux jours). 
Ni une ni deux, je lance l'idée à une copine et nous voilà en route pour la journée !

Misaki Maguro Day Trip Ticket

Pour 3500 yen (moins de 30€) vous aurez trois bons :
Le ticket A c'est votre bon de transport illimité pour vous rendre en train à Misakiguchi et de là prendre l'ensemble des bus de la compagnie Keikyu pendant la journée et rentrer à Shinagawa la nuit venue. 
Le ticket B c'est votre bon repas ; vous n'aurez qu'à le présenter dans le restaurant de votre choix (parmi la liste des 32 établissements participants sur la région) et vous recevrez un plateau repas. Chaque restaurant propose UN menu pour ce ticket, vous ne pourrez pas choisir sur la carte. Vérifiez à l'avance si vous avez quelques réserves, mais le thème de ce pass c'est le maguro (le thon) donc c'est l'ingrédient principal du repas qui vous sera servi. 
Et le ticket C c'est un bon pour un souvenir ou une activité. Vous pouvez par exemple faire un tour en bateau, louer des vélos ou prendre part à une activité manuelle artistique. 

Note technique : 

Ne faites pas la même erreur que moi, en arrivant à la station Shinagawa par les lignes JR (Yamanote ou Keihin Tohoku) ne sortez pas ! Le transfert vers la compagnie Keikyu se fait depuis l'intérieur. En vous dirigeant vers la sortie centrale, regardez sur votre gauche, vous devriez trouver une grande bannière rouge indiquant l'entrée de Keikyu (il y a quelques marches pour rejoindre les guichets). 

Le pass Misaki Maguro pour la journée (ou celui pour deux jours) s'achète sur la machine à droite des guichets. Pour procéder au transfert insérer le ticket papier dans le portique et tapez votre Suica. N'oubliez pas de récupérer le ticket en passant, il devra vous suivre toute la journée. Vous n'aurez qu'à le présenter aux conducteurs à la descente du bus une fois à Miura.

Ma journée à Jogashima

En partant de la gare de Shinagawa on a un peu galéré à savoir où attendre le train ... Il faut attendre sur la voie 1 mais différentes lignes s'y arrêtent. Regardez bien le tableau d'affichage pour savoir à quelle heure passe votre train, et normalement vous devriez patienter dans la zone verte indiquée au sol. Toutes indiquent Yokohama pour une raison étrange ... mais ne vous y fiez pas ^^
Nous sommes donc arrivées à la station de Misakiguchi après une heure et quart ; une petite queue se formait pour prendre le bus. J'ai fait un arrêt rapide au 7Eleven pour attraper petit encas et le bus numéro 9 arrivait quand je rejoignais ma copine dans la file. Evidemment, le bus était bien rempli et le trajet n'a pas été des plus confortable. Mais après une petite demie-heure nous voilà sur l'île de Jogashima.
Nous sommes parties de Tokyo un peu plus tard que prévu et la faim se fait sentir une fois descendu du bus. Il est temps de se pencher sur ce fameux ticket repas. Sur l'île, cinq restaurants prennent part au Misaki Maguro Pass. Deux d'entre eux nous font de l'oeil, on se dirige vers le premier mais il y a une petite queue devant l'établissement. On continue notre chemin en quête du second ; on se retrouve au bout de la petite rue commerçante et voilà le large ! !! Y'a la mer !

Oui j'avais vraiment besoin d'un peu de nature, de côtes et d'air marin ^^

Sur ce, on continue le long du large en espérant trouver ce fameux restaurant. Il se cache un peu mais on a bien fait de pousser un peu parce que c'était un super choix. Il s'agit du restaurant Isokaze de l'hôtel Keikyu ; de l'extérieur ça n'a pas l'air incroyable mais c'était franchement sympa. Le restaurant a de grands baies vitrées qui donnent sur la côte, c'est super joli.
Et en plus on a super bien mangé ! On n'avait justement pas saisi qu'il y avait un plateau repas précis pour notre ticket repas. On s'est donc retrouver avec un assortiment super chouette ! J'ai tout mangé, et pour être honnête, j'aurai mieux fait de ne pas prendre de snack entre le train et le trajet en bus ^^
Donc, on a eu un petit nikuman à la viande, une soupe miso, du thon mariné, des petits légumes marinés eux aussi, du poisson frit, et le clou du repas : un bol de riz couvert de sashimi de thon et d'une boulette de thon haché.
L'atmosphère du restaurant était très sympa et visiblement la plupart des visiteurs s'étaient arrêtés dans les restaurants près de l'arrêt de bus donc on a pu avoir une table directement à coté de la fenêtre, le service a été rapide et le restaurant était calme.

Après avoir bien trop mangé, il était temps de se mettre en route ; nous sommes montés au point de vue du phare de Jogashima et nous avons entamé la petite randonnée qui longe la côte sud de l'île. Il n'est pas nécessaire d'être un grand marcheur, Jogashima fait un kilomètre carré et Maps annonce 24 minutes pour aller de bout en bout ! C'est un peu optimiste car le terrain n'est pas plat et vous allez vouloir passer un peu de temps à observer le paysage, prendre quelques photos et juste profiter du moment.
On s'est un tout petit peu pressé car on craignait la pluie mais finalement la météo était belle. Et la température un peu trop élevée ... j'avais opté pour un jean et avec un ressenti de 30°c ce n'était pas la tenue la plus confortable.
Le vent était assez incroyable ; meilleur parti du voyage honnêtement. Ça rappelle la Bretagne et l'Irlande ^^ et le sel qui emmêle les cheveux et sali mes lunettes. Un must !
Surtout, prenez des chaussures qui tiennent bien aux pieds ; on a croisé des femmes qui portaient des tenues très mignonnes et des sandales à talons ... je me demande comment elles ont vécu la journée.
Justement, pour atteindre Umanose-domon le chemin est sinueux et il est nécessaire de passer par des escaliers de fortunes le long de la falaise. Ajoutez à ça le vent et il est facile de perdre l'équilibre. Ce trou dans la roche est le résultat de l'érosion et du vent et je cherche encore le rapport avec le cheval qui donne son nom à la formation ...
Après être remonté, nous avons continuer notre chemin, en faisant quelques arrêts pour observer le paysage, et avons rejoins le park de Jogashima. Je ne dirais pas qu'il vaut le détour mais on l'a traversé, et tout au bout un petit escalier un peu caché vous permet de rejoindre le bord de l'eau et le phare d'Awazaki.
Le coin est super mignon et les rochers sont assez accessibles si vous voulez de jolies photos. Par contre le vent était assez intense, j'ai fini avec de l'écume dans le cou ! Outre ce petit désagrément réglé en moins d'une minute je dirai que c'est mon coin préféré de l'île. Mais tout est vraiment super joli, l'atmosphère était agréable, et il n'y avait pas trop de monde sur le chemin de randonnée, c'était pourtant un lundi férié (mais au Japon, finalement c'est un peu comme une journée normale ... je reste dubitative sur ce point).

Après toute cette marche il n'était pas très tard et il nous restait notre ticket activité/souvenir ; on aurait pu aller se baigner dans un spa, ou un onsen, mais on n'avait pas trop prévu, louer des vélos ou encore faire un tour en bateau. Mais il était presque 16h et ces activités touchaient à leur fin. Après réflexion je pense que si je réutilise le pass une prochaine fois j'en profiterai pour aller dans un autre coin de Miura et essayer un des lieux "de bain" (4 sont inclus dans le pass) ; sachez que je n'ai pas encore sauté le pas du onsen (la nudité tout ça) mais que ça devrait se faire cet hiver parce que ça a l'air vraiment sympa !

Donc nous avons de nouveau pris le bus pour quitter Jogashima et rejoindre l'île principale du Japon (j'en fais des caisses, y'a littéralement moins d'une minute de pont pour traverser ^^). Et nous sommes descendu au port de Misaki. J'étais tenté par une activité de peinture sur tissu pour se produire un souvenir mais la boutique était toute vide et ne ressemblait pas à l'atelier que j'imaginais. Il est probable qu'on vous laisse seulement choisir le design et que l'employé se charge de la peinture. Bref ça perd son coté cool ... si c'est bien comme ça.
On s'est donc bizarrement retrouvé à Misaki Donuts, une petite boutique ... de donuts avec comme mascottes des chats francophones ! Oui oui, il y avait des illustrations en français dans le café. Avec le ticket vous aurez le droit à une boisson et un donut (au choix !) ainsi qu'un petit sac en toile (2 designs). Le café lui ne fermait qu'à 18h.

De nouveau on a prit le bus pour reprendre le train, nous avons marché un peu autour de la gare de Misakiguchi en imaginant (moi et mon optimisme) voir quelque chose d'intéressant ... mais finalement il n'y a pas grand chose ; il était l'heure de rentrer.

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Je trouve ce petit package de ticket super intéressant ! Il faut bien sur jeter un oeil et calculer suivant vos projets pour la journée, mais dans notre cas, rien qu'en transport (aller-retour en train et trois trajets en bus) on en aurait eu pour plus de 2800 yen. Je n'ai plus les chiffres du café en tête, mais surement au moins 600 yens pour le plateau, et notre super repas du midi (qui n'aurait pas forcément couté très cher puisque nous sommes en dehors de Tokyo, mais tout de même).
C'est aussi une grande aide pour organiser sa journée, si on en sait pas trop quoi faire, il suffit de sélectionner parmi les partenaires. Une brochure est disponible en anglais et vous y trouverez toutes les infos pratiques avec les lignes et numéros des bus, les emplacements des restaurants et des activités. Et une description du repas que vous aurez dans chaque restaurant est indiqué.

Et même si rien n'est gratuit, ça a un petit coté sympa de ne pas sortir son porte monnaie de la journée (à moins que vous ne craquiez pour un snack au kombini ou une boisson dans un distributeur ^^)

20/09/2019

Ces choses qui m'agacent au Japon #HistoiresExpatriées

De Le 20/09/2019
On la connait tous cette représentation parfaite du Japon : la propreté, le respect, l'organisation !
Et moi je vais venir mettre un grand coup de pied là dedans. Après presque un an sur place, j'ai eu le temps d'être surprise, ennuyée, d'accepter certaines choses mais aussi d'en refuser quelques autres. Et puis il y a ces petites choses du quotidien qui m'agacent, pas encore assez pour me donner envie de partir mais tout de même assez pour les partager ici. Qui sait, ça m'aiderait peut-être à calmer ma frustration un moment.

Les cyclistes sur les trottoirs 

Vous le connaissez ce mythe du japonais qui suit les règles à la lettre ?!
Et bien s'il y a bien une règle à laquelle il ne se plie pas c'est celle de ne pas faire de vélo sur les trottoirs. À mon grand désespoir ! 
C'était bien pire quand le quartier où j'ai passé mes premières semaines au Japon. Sur la rue principale qui menait de mon logement à la gare les trottoirs n'étaient pas trop étroits mais avec l'affluence ils étaient parfois bien rempli. Et il y avait donc de nombreux cyclistes à slalomer entre les passants. J'ai un instant imaginé qu'un coté du trottoir leur était réservé, mais je me suis vite rendue à l'évidence que ce n'était pas le cas ... Et qu'une loi avait été mise en place pour limiter les accidents interdisait désormais au vélo d'emprunter les trottoirs. 
Dans mon quartier actuel, beaucoup moins animé, le problème persiste ... et les trottoirs sont tout juste assez large pour se croiser ... et que des symboles sont peints sur la route, indiquant la place qu'ils devraient occupés. 
C'est d'autant plus agaçant que parfois je vais plus vite à pieds qu'eux à vélo, dont on se retrouve face à un autre problème ... 

Le manque de lien social

Ce point m'agace mais m'inquiète aussi. Pour être respectueux au Japon il faut que vous soyez transparent ! En tout cas c'est mon observation de la situation un peu surréaliste à Tokyo. J'accepte à bras ouverts le calme du train et je fais désormais les gros yeux aux gens qui téléphonent dans le train, mais finalement ça ce n'est pas encore assez japonais. Il faudrait que je fasse comme si ça ne me dérangeait pas. C'est trop me demander, et j'espère ne jamais atteindre ce point pour être tout à fait honnête. On entend aussi parlé des agressions dans les trains, les mains aux fesses ou pire et parfois les femmes ou jeunes filles n'osent rien dire de peur de déranger ... Ne pas pouvoir demander de l'aide autour de soi est inquiétant. C'est chacun pour soi ... l'individualisme à son summum. Cet isolement dans une ville surpeuplée c'est un comble ...
Ne parlant pas japonais j'ai aussi un soucis avec le manque de contact visuel même lorsqu'une interaction à lieu. Exemple typique, au kombini pour acheter une bricole. Ils disent souvent des trucs du type "vous avez la carte fidélité ?" "on fait chauffer votre bento?" mais à moins d'attraper un ou deux mots au vol (après 10 mois je me félicite de connaitre trois mots clefs) impossible d'imaginer de quoi ils parlent ou même s'ils s'adressent effectivement à vous puisque les employés ne vous regardent quasiment pas. Ce regard fuyant est difficile à vivre quand j'ai besoin de mon visage pour me faire comprendre !
J'ai aussi fait l'expérience opposé avec des regards insistants ; maintenant je pense que je n'y fais plus trop attention puisque moi aussi je ne fais plus attention à personne ... pas que ça me réjouisse ...

Les téléphones

Alors je ne vais pas cracher sur l'invention du siècle ; soyons sérieux, je suis moi-même souvent sur mon téléphone. Mon soucis au Japon vient plutôt du fait que les Japonais ne savent pas décrocher leurs yeux de leur smartphone et je pense que ça découle directement du point précédent. Fuir le monde qui les entoure, mais dans le même temps ils ne prennent pas en compte qu'ils ne sont pas seuls et oublient carrément de regarder devant eux lorsqu'ils se déplacent. En marchant, en traversant la route, pas une seconde pour lever les yeux et vous voir arriver en face !
Avec autant de monde on pourrait imaginer qu'ils fassent un effort ... mais nope, c'est presque l'inverse.
Je dois régulièrement éviter des personnes qui me foncent droit dessus ... et ça m'agace de devoir dévier ma route quand le trottoir est assez large pour se croiser sans soucis. Le pire c'est dans le quartier où je travaille, très peu d'organisation pour le flux des passants sur les trottoirs et les passages piétons sont une épreuve digne d'un jeu télévisé ! Essayer de traverser sans avoir à s'arrêter ou se prendre un coup dans l'épaule ... Dernièrement je fais mon possible pour me tenir très droite et avancer d'un pas très assuré pour faire en sorte que les gens s'écartent un peu plus de mon passage ; se faire une place parmi les salary-men qui se pensent important c'est tout une aventure. 
Et en général, si vous jetez un coup d'oeil à leur écran ça n'a rien de très urgent ; certains regardent des vidéos en marchant >< Je ne me ferai jamais à l'idée ... 

Le manque de poubelles

Je commence doucement à m'habituer à celle-ci mais l'agacement survient par moment, notamment en voyage. Le Japon est un pays certainement plus propre que la moyenne, c'est effectivement agréable mais cela vient avec un inconvénient majeur ; celui de devoir transporter ses déchets un long moment après avoir terminé de consommé quelques choses. Il faut mettre en place de sacrés stratégies et ça en devient fatigant ...
Le Graal !
Vous pouvez vous retrouver à vous balader avec une bouteille en plastique vide un moment et si dans le principe la conserver un moment n'est pas super gênant, ça prend de la place, ça vous occupe les mains si vous n'avez pas un sac assez grand ...
La tactic c'est de savoir que la plupart de kombini ont des poubelles pour les différents déchets (mais forcément, c'est souvent sur les tout petit qui n'en ont pas que je tombe quand j'en ai besoin) ou bien à coté des distributeurs de boissons. Ou encore sur les quais des gares, mais attention, pas avant d'accéder à la plateforme ... j'ai eu ce problème à Kamakura, autour de la gare, il y a des boutiques, un petit centre dynamique mais impossible de trouver une maudite poubelle pour nos 4 bouteilles vides en fin d'après midi ...
Ca me donne de plus en plus envie d'investir dans une bouteille réutilisable, mais là le problème de comment la remplir apparaitra certainement ... (je n'ai pas le souvenir d'avoir vu un grand nombre de fontaine à Tokyo ...)

Suivre le protocol et seulement le protocol

Au Japon il n'y a bien souvent qu'une manière de procéder. Bien sur ça doit simplifier certaines choses, surtout quant il est question de s'occuper d'un si grand nombre de personnes. Mais l'agacement vient du fait qu'ils ne savent pas faire d'exception ou s'adapter à une situation particulière. Si la situation ne rentre pas dans les critères pré-établis alors ça va être la panique. Je vous laisse donc imaginer combien de fois ça a pu m'arriver.
Exemple tout bête : si comme moi vous avez trois prénoms sur votre passeport il faudra que l'ensemble des documents que vous faites au Japon indique ces trois prénoms (souvent même tout attaché) Clarisseesthercaroline c'est bien moi ! Mais vous réalisez que ça prend pas mal de place, surtout sur des formulaires qui accueillent en général quelques kanjis ... De même à La Poste, un colis ne peut pas contenir une lettre ! Soit on envoie une lettre, soit un colis ; donc dans le cas où on vous demande si votre colis contient une lettre la réponse doit être un "non" franc si vous souhaitez éviter de perdre un quart d'heure de votre journée.
J'ai plusieurs exemple en tête, comme le remplissage d'un formulaire pour je ne sais plus quoi. La personne a tenu à m'expliquer l'entièreté du document, même ce que je comprenais. Impossible de sauter des étapes pour gagner du temps ... le protocol c'est le protocol.

Je pourrais aussi mentionner le fait que payer pour les soins médicaux m'ennuie ; et encore, je pense que le Japon reste généreux car mon assurance maladie prend en charge 70% du coût. Mais difficile quand on compare au système français. Ou encore la difficulté à trouver ma taille en magasin, même dans les boutiques occidentales : Gap propose ici son catalogue principalement en taille 00 à 6 ... évidemment ...

Cet article participe au RDV #HistoireExpatriées organisé par le blog L'occhio di Lucie
La marraine de ce mois-ci est Ferdy, son article sur le sujet est , il y parle du Canada.

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