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20/09/2019

Ces choses qui m'agacent au Japon #HistoiresExpatriées

On la connait tous cette représentation parfaite du Japon : la propreté, le respect, l'organisation !
Et moi je vais venir mettre un grand coup de pied là dedans. Après presque un an sur place, j'ai eu le temps d'être surprise, ennuyée, d'accepter certaines choses mais aussi d'en refuser quelques autres. Et puis il y a ces petites choses du quotidien qui m'agacent, pas encore assez pour me donner envie de partir mais tout de même assez pour les partager ici. Qui sait, ça m'aiderait peut-être à calmer ma frustration un moment.

Les cyclistes sur les trottoirs 

Vous le connaissez ce mythe du japonais qui suit les règles à la lettre ?!
Et bien s'il y a bien une règle à laquelle il ne se plie pas c'est celle de ne pas faire de vélo sur les trottoirs. À mon grand désespoir ! 
C'était bien pire quand le quartier où j'ai passé mes premières semaines au Japon. Sur la rue principale qui menait de mon logement à la gare les trottoirs n'étaient pas trop étroits mais avec l'affluence ils étaient parfois bien rempli. Et il y avait donc de nombreux cyclistes à slalomer entre les passants. J'ai un instant imaginé qu'un coté du trottoir leur était réservé, mais je me suis vite rendue à l'évidence que ce n'était pas le cas ... Et qu'une loi avait été mise en place pour limiter les accidents interdisait désormais au vélo d'emprunter les trottoirs. 
Dans mon quartier actuel, beaucoup moins animé, le problème persiste ... et les trottoirs sont tout juste assez large pour se croiser ... et que des symboles sont peints sur la route, indiquant la place qu'ils devraient occupés. 
C'est d'autant plus agaçant que parfois je vais plus vite à pieds qu'eux à vélo, dont on se retrouve face à un autre problème ... 

Le manque de lien social

Ce point m'agace mais m'inquiète aussi. Pour être respectueux au Japon il faut que vous soyez transparent ! En tout cas c'est mon observation de la situation un peu surréaliste à Tokyo. J'accepte à bras ouverts le calme du train et je fais désormais les gros yeux aux gens qui téléphonent dans le train, mais finalement ça ce n'est pas encore assez japonais. Il faudrait que je fasse comme si ça ne me dérangeait pas. C'est trop me demander, et j'espère ne jamais atteindre ce point pour être tout à fait honnête. On entend aussi parlé des agressions dans les trains, les mains aux fesses ou pire et parfois les femmes ou jeunes filles n'osent rien dire de peur de déranger ... Ne pas pouvoir demander de l'aide autour de soi est inquiétant. C'est chacun pour soi ... l'individualisme à son summum. Cet isolement dans une ville surpeuplée c'est un comble ...
Ne parlant pas japonais j'ai aussi un soucis avec le manque de contact visuel même lorsqu'une interaction à lieu. Exemple typique, au kombini pour acheter une bricole. Ils disent souvent des trucs du type "vous avez la carte fidélité ?" "on fait chauffer votre bento?" mais à moins d'attraper un ou deux mots au vol (après 10 mois je me félicite de connaitre trois mots clefs) impossible d'imaginer de quoi ils parlent ou même s'ils s'adressent effectivement à vous puisque les employés ne vous regardent quasiment pas. Ce regard fuyant est difficile à vivre quand j'ai besoin de mon visage pour me faire comprendre !
J'ai aussi fait l'expérience opposé avec des regards insistants ; maintenant je pense que je n'y fais plus trop attention puisque moi aussi je ne fais plus attention à personne ... pas que ça me réjouisse ...

Les téléphones

Alors je ne vais pas cracher sur l'invention du siècle ; soyons sérieux, je suis moi-même souvent sur mon téléphone. Mon soucis au Japon vient plutôt du fait que les Japonais ne savent pas décrocher leurs yeux de leur smartphone et je pense que ça découle directement du point précédent. Fuir le monde qui les entoure, mais dans le même temps ils ne prennent pas en compte qu'ils ne sont pas seuls et oublient carrément de regarder devant eux lorsqu'ils se déplacent. En marchant, en traversant la route, pas une seconde pour lever les yeux et vous voir arriver en face !
Avec autant de monde on pourrait imaginer qu'ils fassent un effort ... mais nope, c'est presque l'inverse.
Je dois régulièrement éviter des personnes qui me foncent droit dessus ... et ça m'agace de devoir dévier ma route quand le trottoir est assez large pour se croiser sans soucis. Le pire c'est dans le quartier où je travaille, très peu d'organisation pour le flux des passants sur les trottoirs et les passages piétons sont une épreuve digne d'un jeu télévisé ! Essayer de traverser sans avoir à s'arrêter ou se prendre un coup dans l'épaule ... Dernièrement je fais mon possible pour me tenir très droite et avancer d'un pas très assuré pour faire en sorte que les gens s'écartent un peu plus de mon passage ; se faire une place parmi les salary-men qui se pensent important c'est tout une aventure. 
Et en général, si vous jetez un coup d'oeil à leur écran ça n'a rien de très urgent ; certains regardent des vidéos en marchant >< Je ne me ferai jamais à l'idée ... 

Le manque de poubelles

Je commence doucement à m'habituer à celle-ci mais l'agacement survient par moment, notamment en voyage. Le Japon est un pays certainement plus propre que la moyenne, c'est effectivement agréable mais cela vient avec un inconvénient majeur ; celui de devoir transporter ses déchets un long moment après avoir terminé de consommé quelques choses. Il faut mettre en place de sacrés stratégies et ça en devient fatigant ...
Le Graal !
Vous pouvez vous retrouver à vous balader avec une bouteille en plastique vide un moment et si dans le principe la conserver un moment n'est pas super gênant, ça prend de la place, ça vous occupe les mains si vous n'avez pas un sac assez grand ...
La tactic c'est de savoir que la plupart de kombini ont des poubelles pour les différents déchets (mais forcément, c'est souvent sur les tout petit qui n'en ont pas que je tombe quand j'en ai besoin) ou bien à coté des distributeurs de boissons. Ou encore sur les quais des gares, mais attention, pas avant d'accéder à la plateforme ... j'ai eu ce problème à Kamakura, autour de la gare, il y a des boutiques, un petit centre dynamique mais impossible de trouver une maudite poubelle pour nos 4 bouteilles vides en fin d'après midi ...
Ca me donne de plus en plus envie d'investir dans une bouteille réutilisable, mais là le problème de comment la remplir apparaitra certainement ... (je n'ai pas le souvenir d'avoir vu un grand nombre de fontaine à Tokyo ...)

Suivre le protocol et seulement le protocol

Au Japon il n'y a bien souvent qu'une manière de procéder. Bien sur ça doit simplifier certaines choses, surtout quant il est question de s'occuper d'un si grand nombre de personnes. Mais l'agacement vient du fait qu'ils ne savent pas faire d'exception ou s'adapter à une situation particulière. Si la situation ne rentre pas dans les critères pré-établis alors ça va être la panique. Je vous laisse donc imaginer combien de fois ça a pu m'arriver.
Exemple tout bête : si comme moi vous avez trois prénoms sur votre passeport il faudra que l'ensemble des documents que vous faites au Japon indique ces trois prénoms (souvent même tout attaché) Clarisseesthercaroline c'est bien moi ! Mais vous réalisez que ça prend pas mal de place, surtout sur des formulaires qui accueillent en général quelques kanjis ... De même à La Poste, un colis ne peut pas contenir une lettre ! Soit on envoie une lettre, soit un colis ; donc dans le cas où on vous demande si votre colis contient une lettre la réponse doit être un "non" franc si vous souhaitez éviter de perdre un quart d'heure de votre journée.
J'ai plusieurs exemple en tête, comme le remplissage d'un formulaire pour je ne sais plus quoi. La personne a tenu à m'expliquer l'entièreté du document, même ce que je comprenais. Impossible de sauter des étapes pour gagner du temps ... le protocol c'est le protocol.

Je pourrais aussi mentionner le fait que payer pour les soins médicaux m'ennuie ; et encore, je pense que le Japon reste généreux car mon assurance maladie prend en charge 70% du coût. Mais difficile quand on compare au système français. Ou encore la difficulté à trouver ma taille en magasin, même dans les boutiques occidentales : Gap propose ici son catalogue principalement en taille 00 à 6 ... évidemment ...

Cet article participe au RDV #HistoireExpatriées organisé par le blog L'occhio di Lucie
La marraine de ce mois-ci est Ferdy, son article sur le sujet est , il y parle du Canada.

Pauline en Corée du Sud
Eva au Japon
Catherine en Allemagne
Véronique au Québec
Liz au Koweit
Morgane en Espagne
Perrine au Canada
Ophélie au Royaume-Uni
Karine à Hong-Kong

2 commentaires:

ferdy pain d'épice a dit…

Merci pour ta jolie participation Lucile, je t rejoins pour les poubelles, c'était de la folie !!! On se posait l'enorme question comment avoir des rues si propres sans poubelles, ca demande un effort supplementaire et pourtant ils y arrivent !! Quand je pense à des pays ou les poubelles sont omni-presentes et ils jettent leurs ordures à un metre, ca me met en rogne !

Clarisse a dit…

En Corée il n'y avait pas toujours de poubelle mais les gens s'organisaient pour déposer leurs déchets dans un même coin. Pas l'idéal mais j'ose espérer que ça fera en sorte de mettre le doigt sur un problème à régler. Du coup je ne suis pas sûre du lien entre l'absence de poubelle et la propreté.
Mais mon soucis avec le Japon c'est surtout qu'ils ont une espèce d'obsession avec les poubelles ; ils les bloquent lorsqu'il y a foule quelques part. En ce moment, à cause du rugby, dans certaines gares ont ne peut plus jeter ses affaires, et pendant le G8 en juin ils avaient bloqués les poubelles des WC dans les lieux publiques à Osaka ... tout ça soit disant à cause de l'attaque au sarin d'il y a bientôt 30 ans qui ne semble même pas avoir nécessité de poubelle.
Et puis ce paradoxe tout de même entre la quantité de déchets qu'on t'aide à produire, mais pas à te débarrasser !!

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