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15/11/2019

Particularités de la relation amoureuse au Japon #HistoiresExpatriées

De Le 15/11/2019
J'ai vécu dans plusieurs pays, mais toujours dans des périodes bien définies avec billets de retour en France en poche avant le départ. Difficile pour moi de pouvoir me projeter ou m'investir dans des relations ; même les amitiés pouvaient demander beaucoup de travail dans ces circonstances. Bref, je ne ferai pas ici de point comparatif comme j'ai pu le faire sur d'autres sujets. Ici on va donc se concentrer sur la relation franco-japonaise puisque j'ai rencontré un Japonais au Japon ! ^^ surprise
Pour ce vaste sujet vous imaginez bien que mon article ne sera qu'une série de réflexions personnelles sur ma propre expérience et d'autres que l'on m'a rapportées. 

Vous avez dit PDA ?!

Imaginez, dans un train, un couple monte, discute tranquillement, se regarde amoureusement, l'homme tel un gentleman porte les sacs de la femme, et puis un arrêt fatidique arrive, ils vont devoir se séparer ... alors ils se serrent la main, tels des collègues ayant terminé une bonne réunion, et la jeune femme quitte le wagon. 
Bon il est aussi possible que j'ai mal interprété la situation mais en tout cas il y avait un truc entre ces deux là. Et même si ce n'est pas vraiment comme ça que ça s'est passé cette fois là, l'anecdote que je viens de vous décrire a surement bien eu lieu quelque part au Japon. 
Dans un pays où on se touche peu (oserai-je dire pas ?), même les couples restent très discrets. Alors ce n'est pas toujours vrai, mais les Public Display of Affection (ou démonstration d'affection en public ?) reste rares. On se tient un peu la main, un petit hug par ci par là pour les plus jeunes et c'est tout !!!
Ça a été et est toujours un sujet de discussion avec mon copain ; c'est comment en France ? Et toi, idéalement tu voudrais quoi ? On peut se permettre ça ? Pourquoi c'est important ? Au Japon on fait pas trop ça ... Moi j'aime bien comme ci, comme ça. Est-ce que c'était bizarre ? Bref on a trouvé notre équilibre franco-japonais et de temps à autre un truc surgis et une nouvelle discussion se profile. 
Par contre, après un an au Japon je remarque de plus en plus lorsque les couples étrangers, des touristes j'imagine, ne contrôlent pas leur niveau de PDA. Les longues étreintes sur les quais de train alors qu'ils vont monter dans la même rame, les mains sur les fesses de l'autre (ou plus ou moins dans la poche du jean), ou encore la façon de s'asseoir confortablement l'un contre l'autre dans le train. J'ai perdu l'habitude car parfois je me dis "hum ... c'est un peu too much" alors qu'il n'y a clairement rien d'indécent ^^
La notion de décence semble justement différente ici. Je ne vois jamais de couple se faire un bisou, littéralement un petit smack de rien sur les lèvres ou sur la joue ... D'après mes sources un simple baiser serait considéré comme un acte sexuel et donc réservé à l'intimité. 

Love hotel ラブホテル

Justement l'intimité, venons-y ^^ et avec elle j'ai nommé le love hotel ! 
Revenons sur ce concept : c'est donc un hôtel dans lequel vous vous rendez pour avoir des relations sexuelles (enfin ... ou pas, personne ne viendra vérifier !) ; rien de spectaculaire, tout est dans le nom. Mais le mystère est plutôt dans le "pourquoi" que dans le "quoi" ; petit appartement, ou bien vous ne vivez pas seul. Vous ne souhaitez pas recevoir à la maison, ou vous avez envie d'un peu de dépaysement. Ou vous craignez que votre logement soit mal insonorisé ! Ou encore, infidélité ! Bref, à toute situation sa solution.
En fait, le love hotel est simplement un hôtel offrant des services plus adaptés aux couples ; en proposant plus d'intimité et de discrétion, des horaires plus flexibles, et parfois de changer d'ambiance.
L'atmosphère de Noël vous manque en plein mois de juillet ? Il y a un hôtel pour ça. Vous n'avez que quelques heures devant vous ? Il n'est pas nécessaire de réserver pour toute une nuit. Une occasion inattendue se présente ? Présentez vous sans réservation. 
Bref sur le papier c'est à la fois pratique et amusant. Enfin, une fois qu'on s'est fait à l'idée ! Parce que même si le principe est simple, il n'est pas forcément évident de faire abstraction de tous les connotations qui viennent avec l'idée d'aller au love hotel avec un partenaire, d'autant plus quand vous êtes blanche et blonde au Japon.
Je me souviens avoir expliqué à mon copain que ce concept n'existe pas en France, et probablement dans la plupart des pays occidentaux. Les couples mariés qui vont à l'hôtel c'est normal, mais y aller en plein après-midi pour quelques heures, dans la ville où vous résidez, ça n'arrive pas. Ou c'est assez rare pour ne pas nécessiter la mise en place d'hôtels spécifiques aux horaires aménagés.
Evidemment, rien ne vous empêche de réserver un hôtel tout à fait normal pour passer la nuit avec votre partenaire au Japon. A vous de voir suivant votre budget, vos besoins et vos attentes. On sait à quel point les chambres des hôtels business classiques peuvent être petites ici, et si vous préférez une salle de bain un peu sympa un love hotel semble plus indiqué. 

Homme japonais et femme étrangère

Le couple multiculturel au Japon est le plus souvent formé d'une femme japonaise et d'un homme étranger, notamment caucasien. Même si Tokyo est sûrement la ville la plus cosmopolite du pays ça reste une petite particularité qui attire un peu l'oeil. Un an que j'habite à Tokyo et je suis toujours moi-même un peu surprise quand je croise d'autres couples comme le mien. Je sais que j'ai moi même attiré l'attention, et pas forcément la plus sympathique. On s'est retourné pour bien vérifier à quoi je ressemblais alors que je me promenais tranquillement main dans la main avec mon copain ... Mais accompagné ou non, j'attire un peu l'attention donc finalement je ne m'en soucie plus trop.
Puisqu'on communique en anglais il est arrivé que les gens ayant des interactions avec nous aient des doutes sur sa nationalité ; on nous a amené des menus en anglais (pas plus mal pour que ça lui évite de me traduire la moitié de la carte finalement) ou lors de nos vacances après m'avoir demandé ma nationalité, une employée de musée a demandé à mon copain s'il était français lui aussi. Ça l'a relativement amusé sur le coup ^^
Je n'ai pas l'impression que mon couple soit si différent, mais de temps à autre mon environnement me rappelle que je suis une femme blanche avec un homme asiatique. Pour le moment cela n'a pas trop d'impact, c'est juste le temps d'une situation et le lendemain je n'y pense déjà plus, mais à long terme je peux imaginer que cela devienne pesant.

L'équilibre vie privée et vie professionnelle

Rapidement après mon arrivée au Japon j'ai compris que le travail dans la vie des Japonais était plus que central ; vous avez surement déjà entendu parler de ces personnes qui meurent d'un trop plein de travail même si vous ne vous intéressez pas plus que ça à la culture nippone. Il s'agit probablement de cas rare mais il existe un mot pour décrire ce concept, c'est donc bien qu'il y a anguille sous roche ! Tout ça pour dire que même l'employé de bureau lambda sans grandes responsabilités fera des heures sup', qu'il ira au boulot même si un typhon menace la ville et qu'il sera prêt à délaisser ses responsabilités familiales "parce que bon, mon entreprise a besoin de moi". Il est certain que les mentalités commencent à changer mais ... tout doucement. 
En France, c'est une toute autre histoire. Ce n'est pas le cas, on estime tous plus ou moins qu'il y a un temps pour travailler et un temps pour soi. Après l'heure ce n'est plus l'heure, et on considérera peut-être que quelqu'un ne fait pas correctement son travail s'il n'arrive pas à terminer ses tâches dans les temps.
Du coup quand j'ai commencé à fréquenter mon copain, j'étais plutôt rassuré qu'il soit étudiant. Je n'allais pas avoir besoin de me battre pour qu'on se voit. Mais ça c'était avant ! J'ai depuis un peu mieux saisi ce que c'est que d'être en doctorat, et sa charge de travail a clairement augmenté ces derniers mois.
Mais étudiant ou employé finalement, ça ne change pas le fait que les Japonais sont conditionnés pour faire passer le travail avant tout. Avant leur santé, avant leur famille ... j'ai halluciné quand on a comparé nos routines respectives lors de nos années lycée ... aller au lycée 6 jours par semaine, aller à l'académie privée après l'école, participer aux clubs du lycée, faire des devoirs MÊME PENDANT LES GRANDES VACANCES ... un emploi du temps de ministre !!!
Tout cela mêne même à des gens qui se plaignent d'avoir trop de congés ; en mai 2019, avec l'arrivée d'un nouvel empereur et des jours de congés rapprochés, une grande partie des résidents du Japon ont pu profiter de vacances de plus d'une semaine. Et bien certains ne savaient pas quoi faire de ce temps libre ! D'autres se sont même inquiétés pour leur entreprise ... Et j'observe lors de discussion avec mes étudiants que peu d'entre eux font des activités hors du travail ou ont un passe-temps autre que regarder la télévision. Donc 10 jours à la maison, quelle angoisse ! 

Pour en revenir à la relation amoureuse au Japon, le poids du travail, ou en tout cas de l'occupation, de votre partenaire sera difficile à éviter à mon sens. Notamment s'il n'a pas jamais été confronté à un autre contexte professionnel, à l'étranger par exemple. Trouver du temps pour se voir, pour sortir de la ville un week-end, partir en vacances ou tout simplement se faire un ciné peut demander beaucoup d'organisation. 
C'est ce que je décrirai comme LA difficulté que je rencontre personnellement ; il y a des concessions que je ne suis pas prête à faire. Oui, il y a des couples au Japon qui habitent dans la même ville et ne se voient qu'une ou deux fois dans le mois, ça fonctionne probablement pour eux ... Mais rien que le fait que ça soit normal et accepté me pose question. J'en reviens à mon constat sur les interactions sociales dans un précédent article ; qu'il s'agisse de relation amoureuse, amicale ou familiale, il me semble que le Japon tend à délaisser le coté social de l'humain, à se dire que ce n'est pas le plus important. Bizarrement les entreprises semblent plus indulgentes et permettent aux employés mariés de rentrer plus tôt chez eux ; mais personne ne se demande comment ils ont pu rencontrer quelqu'un et fonder une relation qui les a mené au mariage alors qu'on attendait d'eux qu'ils ne vivent que pour leur emploi. Bref, je diverge un peu ^^ mais pour en revenir au fait, il est certain qu'ayant des visions très différentes sur un point si central demande beaucoup de communication pour le couple franco-japonais.


J'aurai aussi pu vous parler du 告白 kokuhaku, la fameuse confession des sentiments ; mais je ne maitrise pas vraiment le sujet et je ne sais pas si mon copain a suivi le protocole ^^ Et cette métaphore du Christmas cake qui compare les femmes de plus de 25 ans à des pâtisseries périmées si elles ne sont pas casées ...  Et sûrement encore plein d'autres choses !!!

N'hésitez pas à laisser un petit mot ou une question en commentaire si le sujet vous a laissé sur votre faim.


Cet article participe au RDV #HistoireExpatriées organisé par le blog L'occhio di Lucie
La marraine de ce mois-ci est Barbara, son article sur le sujet est .

Catherine en Allemagne
Alexienne à propos des relations à distance
Kenza au Canada
Amélie et Laura sur les hommes italiens

20/09/2019

Ces choses qui m'agacent au Japon #HistoiresExpatriées

De Le 20/09/2019
On la connait tous cette représentation parfaite du Japon : la propreté, le respect, l'organisation !
Et moi je vais venir mettre un grand coup de pied là dedans. Après presque un an sur place, j'ai eu le temps d'être surprise, ennuyée, d'accepter certaines choses mais aussi d'en refuser quelques autres. Et puis il y a ces petites choses du quotidien qui m'agacent, pas encore assez pour me donner envie de partir mais tout de même assez pour les partager ici. Qui sait, ça m'aiderait peut-être à calmer ma frustration un moment.

Les cyclistes sur les trottoirs 

Vous le connaissez ce mythe du japonais qui suit les règles à la lettre ?!
Et bien s'il y a bien une règle à laquelle il ne se plie pas c'est celle de ne pas faire de vélo sur les trottoirs. À mon grand désespoir ! 
C'était bien pire quand le quartier où j'ai passé mes premières semaines au Japon. Sur la rue principale qui menait de mon logement à la gare les trottoirs n'étaient pas trop étroits mais avec l'affluence ils étaient parfois bien rempli. Et il y avait donc de nombreux cyclistes à slalomer entre les passants. J'ai un instant imaginé qu'un coté du trottoir leur était réservé, mais je me suis vite rendue à l'évidence que ce n'était pas le cas ... Et qu'une loi avait été mise en place pour limiter les accidents interdisait désormais au vélo d'emprunter les trottoirs. 
Dans mon quartier actuel, beaucoup moins animé, le problème persiste ... et les trottoirs sont tout juste assez large pour se croiser ... et que des symboles sont peints sur la route, indiquant la place qu'ils devraient occupés. 
C'est d'autant plus agaçant que parfois je vais plus vite à pieds qu'eux à vélo, dont on se retrouve face à un autre problème ... 

Le manque de lien social

Ce point m'agace mais m'inquiète aussi. Pour être respectueux au Japon il faut que vous soyez transparent ! En tout cas c'est mon observation de la situation un peu surréaliste à Tokyo. J'accepte à bras ouverts le calme du train et je fais désormais les gros yeux aux gens qui téléphonent dans le train, mais finalement ça ce n'est pas encore assez japonais. Il faudrait que je fasse comme si ça ne me dérangeait pas. C'est trop me demander, et j'espère ne jamais atteindre ce point pour être tout à fait honnête. On entend aussi parlé des agressions dans les trains, les mains aux fesses ou pire et parfois les femmes ou jeunes filles n'osent rien dire de peur de déranger ... Ne pas pouvoir demander de l'aide autour de soi est inquiétant. C'est chacun pour soi ... l'individualisme à son summum. Cet isolement dans une ville surpeuplée c'est un comble ...
Ne parlant pas japonais j'ai aussi un soucis avec le manque de contact visuel même lorsqu'une interaction à lieu. Exemple typique, au kombini pour acheter une bricole. Ils disent souvent des trucs du type "vous avez la carte fidélité ?" "on fait chauffer votre bento?" mais à moins d'attraper un ou deux mots au vol (après 10 mois je me félicite de connaitre trois mots clefs) impossible d'imaginer de quoi ils parlent ou même s'ils s'adressent effectivement à vous puisque les employés ne vous regardent quasiment pas. Ce regard fuyant est difficile à vivre quand j'ai besoin de mon visage pour me faire comprendre !
J'ai aussi fait l'expérience opposé avec des regards insistants ; maintenant je pense que je n'y fais plus trop attention puisque moi aussi je ne fais plus attention à personne ... pas que ça me réjouisse ...

Les téléphones

Alors je ne vais pas cracher sur l'invention du siècle ; soyons sérieux, je suis moi-même souvent sur mon téléphone. Mon soucis au Japon vient plutôt du fait que les Japonais ne savent pas décrocher leurs yeux de leur smartphone et je pense que ça découle directement du point précédent. Fuir le monde qui les entoure, mais dans le même temps ils ne prennent pas en compte qu'ils ne sont pas seuls et oublient carrément de regarder devant eux lorsqu'ils se déplacent. En marchant, en traversant la route, pas une seconde pour lever les yeux et vous voir arriver en face !
Avec autant de monde on pourrait imaginer qu'ils fassent un effort ... mais nope, c'est presque l'inverse.
Je dois régulièrement éviter des personnes qui me foncent droit dessus ... et ça m'agace de devoir dévier ma route quand le trottoir est assez large pour se croiser sans soucis. Le pire c'est dans le quartier où je travaille, très peu d'organisation pour le flux des passants sur les trottoirs et les passages piétons sont une épreuve digne d'un jeu télévisé ! Essayer de traverser sans avoir à s'arrêter ou se prendre un coup dans l'épaule ... Dernièrement je fais mon possible pour me tenir très droite et avancer d'un pas très assuré pour faire en sorte que les gens s'écartent un peu plus de mon passage ; se faire une place parmi les salary-men qui se pensent important c'est tout une aventure. 
Et en général, si vous jetez un coup d'oeil à leur écran ça n'a rien de très urgent ; certains regardent des vidéos en marchant >< Je ne me ferai jamais à l'idée ... 

Le manque de poubelles

Je commence doucement à m'habituer à celle-ci mais l'agacement survient par moment, notamment en voyage. Le Japon est un pays certainement plus propre que la moyenne, c'est effectivement agréable mais cela vient avec un inconvénient majeur ; celui de devoir transporter ses déchets un long moment après avoir terminé de consommé quelques choses. Il faut mettre en place de sacrés stratégies et ça en devient fatigant ...
Le Graal !
Vous pouvez vous retrouver à vous balader avec une bouteille en plastique vide un moment et si dans le principe la conserver un moment n'est pas super gênant, ça prend de la place, ça vous occupe les mains si vous n'avez pas un sac assez grand ...
La tactic c'est de savoir que la plupart de kombini ont des poubelles pour les différents déchets (mais forcément, c'est souvent sur les tout petit qui n'en ont pas que je tombe quand j'en ai besoin) ou bien à coté des distributeurs de boissons. Ou encore sur les quais des gares, mais attention, pas avant d'accéder à la plateforme ... j'ai eu ce problème à Kamakura, autour de la gare, il y a des boutiques, un petit centre dynamique mais impossible de trouver une maudite poubelle pour nos 4 bouteilles vides en fin d'après midi ...
Ca me donne de plus en plus envie d'investir dans une bouteille réutilisable, mais là le problème de comment la remplir apparaitra certainement ... (je n'ai pas le souvenir d'avoir vu un grand nombre de fontaine à Tokyo ...)

Suivre le protocol et seulement le protocol

Au Japon il n'y a bien souvent qu'une manière de procéder. Bien sur ça doit simplifier certaines choses, surtout quant il est question de s'occuper d'un si grand nombre de personnes. Mais l'agacement vient du fait qu'ils ne savent pas faire d'exception ou s'adapter à une situation particulière. Si la situation ne rentre pas dans les critères pré-établis alors ça va être la panique. Je vous laisse donc imaginer combien de fois ça a pu m'arriver.
Exemple tout bête : si comme moi vous avez trois prénoms sur votre passeport il faudra que l'ensemble des documents que vous faites au Japon indique ces trois prénoms (souvent même tout attaché) Clarisseesthercaroline c'est bien moi ! Mais vous réalisez que ça prend pas mal de place, surtout sur des formulaires qui accueillent en général quelques kanjis ... De même à La Poste, un colis ne peut pas contenir une lettre ! Soit on envoie une lettre, soit un colis ; donc dans le cas où on vous demande si votre colis contient une lettre la réponse doit être un "non" franc si vous souhaitez éviter de perdre un quart d'heure de votre journée.
J'ai plusieurs exemple en tête, comme le remplissage d'un formulaire pour je ne sais plus quoi. La personne a tenu à m'expliquer l'entièreté du document, même ce que je comprenais. Impossible de sauter des étapes pour gagner du temps ... le protocol c'est le protocol.

Je pourrais aussi mentionner le fait que payer pour les soins médicaux m'ennuie ; et encore, je pense que le Japon reste généreux car mon assurance maladie prend en charge 70% du coût. Mais difficile quand on compare au système français. Ou encore la difficulté à trouver ma taille en magasin, même dans les boutiques occidentales : Gap propose ici son catalogue principalement en taille 00 à 6 ... évidemment ...

Cet article participe au RDV #HistoireExpatriées organisé par le blog L'occhio di Lucie
La marraine de ce mois-ci est Ferdy, son article sur le sujet est , il y parle du Canada.

Pauline en Corée du Sud
Eva au Japon
Catherine en Allemagne
Véronique au Québec
Liz au Koweit
Morgane en Espagne
Perrine au Canada
Ophélie au Royaume-Uni
Karine à Hong-Kong

15/02/2019

Un mot, une expression de votre pays d'adoption #HistoiresExpatriées

De Le 15/02/2019
Une nouvelle fois, pour ce rendez-vous d'Histoire Expatriées je choisi de parler de la Corée du Sud et de sa culture malgré le fait que cela fera bientôt un an que j'ai quitté le pays. Voilà trois mois que je suis au Japon et malgré le fait d'apprendre quelques mots par ci par là, je n'ai même pas encore l'habitude des intonations et mon oreille est parfois encore un peu surprise quand je me retrouve dans un environnement où je n'entends que du japonais. 

힐링

Tout bêtement, 힐링 est la prononciation coréenne du mot anglais "healing" mais les coréens se sont appropriés ce terme pour en extraire un concept. Alors déjà tout simplement, à force de vivre en Corée je me suis habituée aux prononciations des mots empruntés à l'anglais et ça donne une petite touche spéciale à l'utilisation de ces termes. Ici on appuiera sur le L, présent dans les deux syllabes en coréen. Soit "heal-ling"
Le terme ne s'emploie pas seul à ma connaissance ; ce n'est pas une expression.

The healing concept

Ma compréhension du terme pourra tenir en quelques mots : apaiser l'âme. Je ne saurais dire si dans la culture traditionnelle ou actuelle le concept d'âme est présent en Corée du Sud. Mais il est ici question de sentiments, de ressenti et de maux qu'on ne perçoit pas. 

Pour faire simple, il s'agit de passer un moment seul, en famille ou avec des amis suivant les besoins et les envies, et de se relaxer, de faire une activité qui vous déconnecte de la vie courante et du stress quotidien.
En France, on a pas vraiment de terme pour ce genre de moment puisque culturellement nous avons un bon équilibre travail-temps libre. En terme de nombre d'heures par semaines, mais aussi d'avoir la possibilité de ne pas se soucier du travail une fois hors du bureau.
En Corée du Sud, il est bien vu de rester de longues heures au travail même si les tâches de la journée ont été faite. Partir avant son supérieur n'est pas vu d'un très bon oeil par exemple, ou prendre les congés auxquels on a droit.

Parce que la vie quotidienne en Corée peut être très prenante et stressante, le temps de 힐링 est pris au sérieux et les personnes en font un moment très spécial.
C'est cette partie que j'aime particulièrement : planifier un moment de détente et le vivre à 100% !

Petit point en musique


Un groupe de Kpop a d'ailleurs une chanson sur ce thème ; les chanteurs l'ont dédiée à leurs fans qui seraient pour eux à la base de leur "healing". Le clip, très peu travaillé pour une vidéo de Kpop, représente bien les activités souvent inclues dans un moment 힐링 : se ressourcer à la mer (ou de manière générale, hors de la ville), passer du temps entre amis, rigoler, manger ...

Cet article participe au RDV #HistoireExpatriées organisé par le blog L'occhio di Lucie 
Le parrain de ce mois-ci est Patrick, son article sur le sujet est , il y parle de la Slovénie

15/11/2018

Le système médical #HistoiresExpatriées

De Le 15/11/2018
J'ai réécris cet article plusieurs fois, parce que la pipelette que je suis se laissait carrément emporter en mode story time avec beaucoup trop de détails pas nécessaires ; j'espère que cette dernière version sera intéressante et proposera une vision du monde médical de différents pays à travers mon expérience personnelle. 
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A noter, lors de chacune de mes expériences à l'étranger jusqu'à récemment, ma couverture médicale était un contrat international que j'avais souscrit en France avant mon départ. Pour les curieux, j'ai traité avec la MGEN pour mes séjours aux États-Unis, et lors de mon séjour en Corée (et mon passage rapide au Japon) j'avais une couverture ACS (anciennement Global Partner). Mon expérience du monde médical à l'étranger sera donc certainement différente d'un résident.

Les États-Unis, l'Urgent Care, et un bon moment chez le dentiste

Avec un total de quatorze mois passés aux Etats-Unis les risques d'avoir besoin de soins étaient bien réels. J'ai donc découvert le système d'Urgent Care ; à ne pas confondre avec l'Emergency Room pour laquelle je n'étais pas couverte.
J'ai visité cet endroit par deux fois.
Suite à une chute au travail j'avais mal dans le bas du dos. A l'issu de ma première visite on m'avait encouragé à revenir si la douleur persistait. Un rendez-vous de moins de 10 minutes qui m'aura couté quelques 200$ ... J'étais prête à y retourner une dizaine de jours plus tard alors que j'avais encore mal au dos et ma host mom, pleine de bon sens m'a demandé si j'avais besoin d'une seconde consultation à 200$, qui n'allait surement pas me donner plus de résultats que la première fois. C'est donc ça les Etats-Unis ? Essayer de mesurer la nécessité des soins en fonction du tarif ? Je l'ai finalement écouté et ma douleur a fini par partir avec le temps. 
Je retournerai à cette même clinique plus tard dans l'année pour une laryngite ; la même chose, une facture de 250$ parce qu'on m'a gratté le fond de la gorge avec un coton tige géant, et presque 90$ de médicament.
Au delà du tarif qui semble aberrant pour les français habitués à un système de santé bien moins cher, j'ai trouvé le système d'Urgent Care très pratique. Pas besoin de prendre de rendez-vous, en arrivant vous remplissez une fiche et on vous prend en consultation dans l'ordre d'arrivée. Un système entre le médecin généraliste comme on le connait en France et les urgences. J'ai été très bien accueilli et on a répondu à toutes mes questions ; la clinique au moment de partir vous fourni tout un petit dossier sur votre condition, et ensuite direction la pharmacie (que je côtoyais déjà souvent pour satisfaire mes late night cravings) et j'ai eu droit aux petits tubes oranges avec mon nom dessus ! #cliché
Et lors de mon second séjour, au coeur du Michigan, j'ai du consulter pour une douleur dentaire ... Et là ! J'ai eu le droit à la dentiste la plus gentille du monde !!!
Alors non, ça n'a pas été le moment le plus relaxant de ma vie ; mais la médecin qui s'est occupée de moi était au top. Pour un truc pas si bénin puisque ma dent sera par la suite dévitalisée ! Bref, pas un truc sympa et encore moins quand tu es dans un pays qui aime te voir dépenser des centaines de dollars pour te soigner.
Et là autre miracle, elle m'a demandé quand je rentrai dans mon pays ; il restait peut être 6 ou 7 semaines, et elle m'a directement dit "okay si je vous soigne ici ça va vous couter très cher, il vaut mieux attendre. Je vais nettoyer, mettre des antibiotiques (un truc du style) et protéger votre dent. Prenez dès maintenant un rendez vous chez votre médecin, si la douleur reprend revenez me voir".
J'ai donc passé pas loin d'une heure sur la chaise du dentiste à analyser les lieux pendant qu'elle me soignait.
Première chose : le médecin ne travaille pas dans une pièce close, je crois qu'il y avait d'autres dentistes qui avaient d'autres patients, un peu à la mode open space avec des cloisons juste à hauteur d'homme. Ça m'a fait rire, ils avaient accroché des posters au plafond pour que le patient s'occupe pendant le traitement ; ce jour là j'ai appris qu'il y a plus d'acide dans une bouteille de Mountain Dew que dans une pile ! (je vous cache pas que j'ai continué à consommer du Mountain Dew...). Et elle était vraiment à l'écoute, l'assistance m'a tout de suite amené une stress-ball quand elle a senti que j'étais stressée et dès que j'ai cillé pour vouloir lui indiquer quelque chose la dentiste a stoppé net son action et j'ai pu lui faire comprendre en deux soupirs que "euh là faudrait peut être réinjecter de l'anesthésiant ça fonctionne de moins en moins".

Bref je m'étends mais ce qui ressort de mon expérience du monde médical aux Etats-Unis c'est que OUI C'EST CHER, ne nous voilons pas la face c'est un énorme problème (dont je n'ai pas eu à m'inquiéter car j'avais quelques économies en attendant que mon assurance française me rembourse : notons que j'ai du attendre 6 mois avant de toucher quoi que ce soit pour ce rendez vous de dentiste en passant) mais surtout c'est le sens du service, l'écoute du patient. Alors c'est sur qu'avec des tarifs pareils encore heureux que l'on ait droit à un bon traitement mais ça m'a vraiment rassuré, moi qui ne suit pas fan des docteurs.

Les urgences du Japon

Alors vous allez me dire “comment ça ? Ça fait deux heures que tu es là bas !” ; et vous n’auriez presque pas tord ^^ Je ne l’ai pas encore raconté ici mais j’ai déjà été au Japon avant de faire le grand plongeon. J’ai rendu visite à une amie à la fin de l’hiver dernier ; juste un week-end et figurez vous que j’ai eu la chance, que dis-je ! L’honneur de faire ma première expérience du monde médical japonais. Laissez moi vous conter rapidement cette histoire.

Colique néphrétique en direct de la porte d'embarquement ! ... Si vous connaissez pas, sachez que vous êtes chanceux, ces douleurs aux reins (souvent causés par des calculs) sont atroces. Après plus d’une heure couchée devant un comptoir pour récupérer la TVA avec toute une petite équipe médicale autour de moi on amène un brancard et direction l’hôpital. Enfin, seulement après l’ultime question “Ça va vous couter de l’argent, vous avez une assurance ? Ce n’est pas un problème ?” Encore une fois ils m’ont mis le doute. Mais je suis assurée et j’ai super mal : OUI je confirme mon choix d’avoir accès à des soins.

Pour faire un raccourcis de l'histoire, une employée bilingue de Jeju Air est venue avec moi à l'hôpital, lorsqu'elle a du repartir à son poste c'est grace à des iPads et un appel video à un service de traduction que j'ai pu communiquer avec les médecins.

Ce que j'en retient : au Japon on ne donne aucun médicament avant de savoir ce qu'il se passe ... j'ai donc chialé de douleur au pire moment de la crise ... lorsque cela m'était arrivé en France le premier truc que les infirmières des urgences avaient fait était de m'injecter de la morphine, deux fois !
J'avais aimé les prospectus aux Etats-Unis, ici on m'a remis un sachet avec le nombre exact de comprimés, ils avaient méticuleusement découpé les plaquettes de médicaments, et j'ai reçu un grand tableau avec photos médicaments, leur nom, leur composition et ce à quoi ils servent, ainsi que les moment où les prendre (en japonais cela dit)e. Un vrai jeu d'enfant. On a joué aux mimes avec les infirmiers pour que je comprenne qu'un des trucs devait se conserver au frigo, vu qu'ils avaient pas le mot en anglais. 

La Corée du Sud et ses outils magiques

Et donc oui, à la toute fin de mon séjour je suis tombée malade. 10 mois sans rien et sans prévenir (quoique), à la minute où je termine mon stage les microbes se sont emparés de mon organisme ... J'ai donc pu faire l'expérience de la médecine en Corée du Sud aussi. 
Un truc très classique, le nez prit, mal de gorge, de la fièvre ... j'ai lutté par moi-même quelques jours et je me suis résignée à consulter pour pouvoir profiter de mes quelques jours de libre avant mon retour en France. 
J'ai donc découvert qu'en Corée on sélectionne soit même le type de médecin que l'on veut consulter ; par exemple je suis allée dans un cabinet d'oto-rhino-laryngologue ^^ Pas besoin de rendez vous, la secrétaire de mon lieu de travail m'a accompagné et s'est chargé de traduire quelques trucs. Une petite consultation mais qui a fait tout son effet. J'ai vu des trucs comme jamais avant ! Un truc pour me nettoyer le nez, un thermomètre bizarre et un autre outil pour me désinfecter la gorge. Si je n'avais pas été prévenu j'aurai pu croire que le docteur voulait m'attaquer avec ses outils bizarroïdes. Mais finalement c'était le top !
Le prix de la consultation et des médicaments étaient équivalents au système français, pas de grosses dépenses. Mais j'ai surtout noté qu'ici les médicaments sont préparés de manières bien spécifique et complètement fool-proof ! Une machine se charge de faire des sachets pour chaque moment de la journée. Toute une ribambelle de petits sachets transparents dans l'ordre des prises. Par exemple un sachet sur deux contenaient les mêmes produits.

Finalement chaque pays a ses particularités, dans un monde idéal on prendrait les trucs sympas et utiles pour créer le meilleur service médical du monde ! En gros, un système qui ne coute pas un bras, qui traite aussi bien les symptômes que la pathologie et qui traite le patient comme un humain qui n'est pas dans la situation la plus agréable au moment où il consulte. Et de mon point de vue l'atmosphère et les locaux jouent énormément sur mon stress et la confiance que je donne au médecin. Que cela soit aux Etats-Unis, en Corée du Sud ou au Japon, malgré le fait de ne pas consulter dans ma langue, dans un système que je ne connais pas, je me suis sentie bien prise en charge et je n'ai pas pensé "ah tiens la peinture s'écaille par ici".
Maintenant que je m'installe au Japon et que mon travail prend en charge mon assurance santé, on verra si je fais de nouvelles découvertes dans le fonctionnement du système médical ici =)
Cet article participe au RDV #HistoireExpatriées organisé par le blog L'occhio di Lucie 
La marraine de ce mois-ci est Ferdy Pain d'Épice, son article sur le sujet est , elle y parle du Canada

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J'ai beaucoup trop écrit ...
Imaginez un peu avant que je ne donne des grands coups de ciseaux dans l'article.