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03/05/2020

Réponses à vos questions - FAQ FLE et vie à l'étranger

De Le 03/05/2020
On me contacte régulièrement sur la page Facebook du blog et sur mon compte Instagram pour me poser des questions sur le FLE, sur mon parcours ... Les messages sont parfois très vagues, presque irrespectueux et d'autres fois ce sont de bonnes surprises, des questions concrètes et des échanges sur des questions qui m'intéressent. J'ai quelques fois répondu à des questionnaires d'étudiants ou même fait des entretiens via Skype. Je suis toujours prête à répondre aux questions si vous me contactez (notamment si vous êtes déjà en master ou déjà diplômé). Si vous êtes encore lycéen, en tout début de réflexion sur votre parcours professionnel, il est possible que mes réponses ne soient plus d'actualité lorsque vous entamerez vos études universitaires et comme on me questionne souvent sur la Corée du Sud, notez que je n'y vis plus et que je n'y ai pas eu de contrat de travail, j'étais encore étudiante. Je suis actuellement au Japon, cette fois diplômée et comme enseignante de FLE. 

J'ai parlé plus en détail de mon expérience en Corée dans un petit entretien sur le blog de Kenza

Ce qui suit ne sont que des réflexions personnelles basées sur mes expériences personnelles et mon point de vue. Continuez vos recherches, croisez vos sources et faites vous votre propre petit chemin. 
J'ai tenté d'organiser les questions logiquement mais ... voilà ^^

Comment devenir professeur de FLE ?

Il n'y a surement pas un seul chemin pour y arriver mais je vous encourage à obtenir un Master (2) FLE, notamment si vous envisagez de partir à l'étranger. Pour l'obtention de visa de travail le bac+5 est idéal et même obligatoire pour certains pays tel que la Chine (un marché important dans le domaine du FLE).
Pour accéder au Master FLE vous pouvez faire n'importe quelle Licence avec une option FLE en troisième année par exemple. Ou une expérience d'assistanat (avec le CIEP par exemple) peut se substituer à ces cours de fac (ça a été le cas pour moi). Suivant vos interêts et projets, chaque université offre un Master aux composantes variées.
Certains apprennent sur le tas au fil des opportunités (avec un départ à l'étranger avant une entrée dans le FLE par exemple) ou avec la formation de l'Alliance Française.

Je vise un public scolaire, pourquoi pas collège ou lycée, le diplôme de FLE est-il reconnu ( insérer ici le pays visé ) ?

Renseignez vous directement auprès des établissements qui vous intéressent ; c'est possible d'obtenir un emploi dans l'enseignement public avec un master FLE mais j'imagine que dans l'idéal les écoles préfèrent un diplôme d'enseignement classique. Les enseignants de langue vivante en France dépendent de l'Éducation Nationale et ont dû obtenir le CAPES (?) ou faire valoir une équivalence s'ils viennent d'un pays étranger. J'ai eu des collègues qui en plus de leur emploi en Alliance Française, réalisaient quelques heures en lycée dans la même ville. Mais il est possible que l'établissement ait démarché l'AF directement.
J'ai pu travailler avec des lycéens en Corée du Sud, et aux États-Unis avant ça.
Je vous laisse deviner sur quoi on travaillait ici.

Comment est reçu l'approche "occidentale" de l'enseignement ( insérer ici le pays de votre choix ) ?

... je mets cette question ici mais je n'ai aucune intention d'y répondre ... je vois même pas comment je pourrais. Je n'ai pas noté qui m'a envoyé quelle question mais mon hypothèse c'est que ça venait de quelqu'un de relativement jeune.
Ne vous inquiétez pas sur des trucs pareils ; vos études de master vous enseigneront tout ce qu'il y a à savoir sur le sujet. Il n'y a pas "une approche occidentale" et même si la culture éducative d'un pays teinte les réactions des étudiants, on ne peut pas tous les mettre dans le même sac. Bref, pensez adaptabilité ^^ et peut-être même qu'en découvrant les méthodes utilisés dans le pays où vous serez vous aurez envie de vous en inspirer ...

Comment trouver un stage / un emploi en ( insérer ici le pays de votre choix ) ? Comment toi tu as fait ?

Je ne sais pas si certains domaines professionnels ont des spécificités quant à la recherche d'emploi mais ... Je n'ai pas l'impression d'avoir fait des choses incroyables pour obtenir de l'expérience.
  • répondre à des offres : une recherche rapide sur Google vous mènera vers FLE.fr et la plateforme de Français Dans Le Monde
  • se renseigner auprès de son département à la fac pour connaitre les partenariats et accords avec des établissements à l'étranger ou des écoles qui reçoivent régulièrement des stagiaires de votre université.
  • discuter avec les autres étudiants de votre classe, les anciens élèves, vos collègues pour faire savoir que vous cherchez quelques choses (bosser son réseau)
  • utiliser la plateforme LinkedIn pour trouver les noms des responsables (ça fait quand même son petit effet de s'adresser à la bonne personne lors d'une candidature spontanée)
  • bien renseigner son profil LinkedIn pour apparaitre dans les recherches
  • fouiller les méandres d'internet pour connaitre les établissements susceptibles d'employer des enseignants de FLE dans la ville ou le pays que vous souhaitez et savoir s'ils correspondent à vos attentes
  • avoir un CV clair et qui accroche l'oeil et de belles lettres de motivations (adaptées à chacune des candidatures bien sur)
  • obtenir des lettres de recommandations à la fin de vos stages ; ça ne peut pas faire de mal
Tout cela demande du temps et de l'investissement. Il est aussi préférable d'avoir une petite idée des démarches nécessaires pour partir dans tel ou tel pays. Notamment concernant le sponsor d'un visa si vous souhaitez enseigner hors Europe. 

Quand on me demande comment moi j'ai fait j'ai l'impression que c'est un subterfuge pour que je donne des noms d'écoles ou de responsables à contacter. On m'a déjà fait la demande bien plus directement. Malheureusement je trouve cela relativement déplacé et il est tout à fait possible de retracer mon parcours et mes contacts par des simples recherches sur LinkedIn. Et le réseau ça se travaille ... profitez de votre cercle en Master, vos professeurs et vos camarades pourront vous guider vers des opportunités si vous faites vos preuves.

Quel est le statut le plus intéressant ? Comment obtenir un contrat "expat" ?

Le plus intéressant ... financièrement ? Le plus intéressant en ce qui concerne la stabilité ? ... La plupart des enseignants de FLE ont un contrat local, en accord avec les lois du pays, à vous de voir si ça vous semble intéressant.
Si vous enseignez en France je sais qu'il y a beaucoup de contrats "vacataire" (qui selon les dires n'est pas idéal) mais certaines écoles préfèrent recruter des auto-entrepreneurs (parce que ça les arrange bien ...). Je ne sais pas ce qu'il en est des CDD et CDI ... je n'ai jamais travaillé dans le FLE en France. 
Un contrat expatrié est une sorte de package je pense ... quand votre entreprise française vous envoie à l'étranger. Ce qui implique un salaire français dans un pays au niveau de vie bien différent. J'imagine que c'est tout bénef' si on vous mute par exemple en Asie du Sud-Est où le salaire local est bien plus bas. 
Mais dans le FLE ... je pense que l'unique possibilité d'être dans ce cas de figure est de faire un contrat VI ; vous serez envoyé à l'étranger par le Ministère des Affaires Étrangères, avec un passeport diplomatique et tout le blabla. Pour accéder à ces postes (qui sont plus que de l'enseignement !) il faut avoir moins de 29 ans au moment du départ ... Les offres sont disponibles sur le site de Civiweb

On gagne bien sa vie ?

Déjà, "bien gagner sa vie" c'est très subjectif ... 
Cela dit le domaine du FLE n'est pas connu pour ses salaires mirobolants me semble-t-il. Les salaires vont varier suivant les pays, suivant la place du français dans le pays en question. Et aussi en fonction des diplômes et de l'expérience de l'enseignant. 

Ce n'est pas mon cas mais la précarité du FLE vient principalement de la nature des contrats et du nombre d'heures offert par les écoles. Mon contrat coréen qui est tombé à l'eau indiquait 20h de face à face pédagogique par semaine ... et il me semble que les contrats "vacataires" sont de courte durée, difficile de se projeter avec ça j'imagine.
Il doit bien y avoir des emplois dans le FLE qui rapporte bien, mais il y a évidemment de la concurrence et il faut voir quelles sont les concessions à faire pour y accéder.
Pour estimer si le salaire qu'on vous propose pour un poste vous permettra de mener une vie décente je vous propose de consulter le site Numbeo ; une comparaison du coût de la vie entre Paris et Tokyo par exemple.

Et la retraite ?

Ça dépendra du type de contrat que vous avez, mais aussi du pays dans lequel vous travaillez, des accords entre les pays ce genre de chose.
Je sais que, sous conditions, en Corée du Sud et au Japon il est possible de toucher une somme d'argent au moment de quitter le pays (pour un autre par exemple). Je crois aussi que le Japon et la France reconnaissent "les trimestres" (j'y connais vraiment rien ...) travaillés pour calculer les droits à la retraite ...
La rumeur dit que la France n'accepte de faire valoir ses trimestres à l'étranger que d'un seul pays ... donc si on a vécu et travailler dans plus d'un pays étranger il est possible qu'il soit difficile de faire valoir ses droits ... à chaque personne sa situation ... et ça dépend de vos espoirs concernant une retraite (en France ou ailleurs ^^)
Pour le moment je sais juste que je cotise pour la pension au Japon au même titre que tous les employés du pays.

Comment se fait l'acclimatation ?

Je ne sais toujours pas ce que je suis sensée répondre à cette question ... Je ne comprends toujours pas pourquoi on me l'a pose ...
Vous imaginez bien que ça va être différent pour chaque personne, et une même personne peut avoir des expériences très variées. Ça peut très bien aller dans un pays et pas du tout dans un autre, même en ayant une facilité à l'adaptation ... Je crois qu'on ne sait jamais vraiment avant de se lancer et c'est un processus qui ne se fait pas en 3 semaines.

Les ( insérer ici la nationalité du pays de votre choix ) sont ils plutôt ouverts ?

On m'a carrément demandé une fois "comment sont les élèves en Asie ?" ... 
Ça doit dépendre des cultures, du taux d'immigration, et de la personnalité de chacun. Avant de partir en Corée du Sud j'avais surtout entendu parlé de la supposée "timidité" des cultures asiatiques. Et clairement, c'est difficile pour moi d'utiliser le mot "timide" pour décrire l'accueil que j'ai eu en Corée. Et puis, si vous partez à l'étranger dans le cadre du FLE vous serez en contact avec des personnes qui de base s'intéressent à quelque chose qui est extérieur à leur culture.
Mes étudiants japonais ont pour la plupart le goût du voyage, de la découverte de quelque chose de différent. Ce n'est pas le cas de tout le monde mais ...
En tout cas, ouverts ou pas, c'est vous qui êtes dans une démarche de vie à l'étranger, à vous d'aller découvrir par vous même sans apriori.

Est-ce facile de se faire des amis ?

Alors, parlons juste de la vie sociale de manière globale ...
Je me considère comme quelqu'un de sociable mais aussi un peu timide quant à faire le premier pas vers les inconnus. Ajoutons à cela que dans le cas présent, j'habite au Japon et je ne parle pas japonais. De plus, je n'ai toujours pas mis le doigt sur la notion d'amitié au Japon. Dans un pays où on travaille passe beaucoup de temps au travail je me demande un peu quelle place a la vie sociale.
Votre environnement participe grandement à faciliter les rencontres ou non. Habiter sur le campus lors de mon stage à Cheongju y a participé ; le fait d'avoir plus ou moins l'âge des étudiants avec qui je travaillais aussi. Il en va de même pour les collègues, qui dans le domaine du FLE ont souvent les deux casquettes : collègues et amis.
De manière générale je pense qu'il arrive plus souvent de se faire des amis eux aussi étrangers, on a déjà une base d'expériences commune. On est aussi peut-être plus à la recherche de nouvelles amitiés. A votre âge, en France, vous avez surement une bande de potes (ou plusieurs) qui s'est formée au fil de vos études, les voisins du quartier où vos parents habitent toujours, et vous ne cherchez pas les nouvelles rencontres, elles se font plus naturellement, par connaissances. C'est plus ou moins la même chose dans votre nouveau pays.
Ce que la vie à l'étranger m'a surtout appris c'est que la notion d'amitié varie d'un pays à l'autre. Alors vous allez me dire "oui merci Sherlock on s'en serait douté !" mais malgré le fait qu'on le sache, je trouve que je dois constamment me le rappeler. Et je crois que l'amitié tient une part importante de la culture française et de notre rapport à la vie sociale.
Encore une fois, la technologie est de votre côté : vous pouvez entrer en contact avec de nouvelles personnes en ligne (groupe d'expats sur Facebook par exemple) ou même utiliser des sites de rencontres.
Journée à Jeonju avec mes amis/collègues stagiaires super cools pendant mon séjour en 2017
Si ça aide certains à se faire une idée, ça fait un an et demi que je suis au Japon et ma vie sociale se résume à mon petit-ami japonais, une amie française de fac qui était arrivée au Japon avant moi, une connaissance française avec qui j'ai été mis en contact par une amie en France, et mes collègues français. Des fois j'aimerai avoir plus de monde dans ma vie, et à d'autres moments je me dis que je ne sais même pas si j'aurais le temps de voir d'autres personnes. Parce que n'oublions pas que dans le FLE, nos horaires ne nous aident pas beaucoup à avoir une vie sociale : finir le boulot à 21h ... difficile de se faire un apéro ou un diner après ça.

Tu changes de pays chaque année ?

Cette question m'a fait sourire en la relisant.
C'était un peu mon idée d'adolescente ! Découvrir une nouvelle destination chaque année en passant d'un contrat à un autre. C'était un peu optimiste maintenant que j'ai un peu d'expérience. Une année ça passe vraiment vite quand on est bien occupé au travail et qu'en plus il faut prendre ses marques dans un nouvel environnement, une nouvelle culture. 
Peut être qu'il existe des enseignants qui ont la bougeotte et qui font cela. C'est possible, techniquement parlant. Mais moi j'ai eu mon compte pendant mes stages, 10 mois aux USA, re 3 mois et demi aux USA, 6 mois en Corée du Sud, re 4 mois en Corée du Sud et après 6 mois en France me voilà reparti pour le Japon, où je suis maintenant depuis un an et demi. J'envisage de bouger dans pas très longtemps mais pas tout de suite non plus ^^

Comment vivre la séparation avec la famille ?

Même réponse qu'en ce qui concerne l'acclimatation. Ça dépend de votre personnalité, de vos habitudes, de la famille de laquelle vous venez. A vous de faire les choix qui vous semblent les plus pertinents. Si vous avez toujours vécu près de vos parents et que vous les voyez tous les weekends, il me parait logique que partir à l'autre bout du monde soit plus problématique que pour quelqu'un qui a l'habitude de vaquer à sa petite vie sans être en contact permanent avec ses proches. 
Moi la première fois que je suis partie c'était pour 10 mois d'un coup ! Ça n'a pas été tous les jours faciles j'imagine, j'ai un peu de mal à me souvenir. J'ai surement pleuré sur Skype quelques fois ; mais rien qui ne m'ait marqué. 
Je dois dire qu'à l'époque où on vit les technologies permettent de garder le contact, pourvu que vous soyez connecté au wifi en permanence, vous pouvez joindre vos proches en quelques secondes. Avant de partir à l'étranger je passais beaucoup de temps au téléphone avec ma mère et je rentrais au moins une fois par mois chez mes parents, j'y passais toutes les vacances. Aux Etats-Unis, avec le décalage, mon stage à temps plein et ma découverte du pays grâce à ma famille d'accueil on s'est adapté : chaque mercredi je passais quelques heures sur Skype avec ma mère, sauf si j'étais partie en balade ou en voyage. A vous de trouver votre rythme, et peut être que certains ne pourront pas vivre à l'autre bout de monde comme c'est le cas pour moi maintenant. Écoutez vous, essayez de trouver un juste milieu entre vos besoins personnels et vos envies professionnelles.
Personnellement je ne trouve pas une grande différence quant à la séparation entre vivre au Japon ou en Grèce : le nombre de kilomètres importe peu, c'est plutôt le coût et le temps de voyage pour retourner voir sa famille qui sont importants. Au quotidien, si ce n'est le décalage horaire, c'est la même chose selon moi.

J'ai quelques craintes vis-à-vis de l'inconnu, le FLE est-il pour moi ?

J'imagine que la personne qui m'avait posé cette question était relativement jeune, ou avait peu d'expérience. Déjà on peut travailler dans le FLE en France ou dans son pays d'origine. Que ça soit auprès d'un public en parcours d'immigration ou avec des étudiants internationaux qui viennent pour un séjour linguistique, potentiellement pour s'inscrire à l'université en France.
Mais j'imagine que pour une partie de ceux qui travaillent dans ce domaine, le côté vie à l'étranger fait partie de l'intérêt pour l'enseignement du FLE. Si vous n'êtes pas trop sûr de vous sur ce point je vous encourage à déjà partir en vacances à l'étranger, de vous confronter à la différence dans un cadre "sympa"(rappelons que voyager et habiter à l'étranger sont des choses très différentes). Savoir comment on se sent et comment on réagi en terrain inconnu est un premier pas pour s'imaginer vivre loin de son pays.
Il y a le FLE, le monde du travail, et il y a la vie à l'étranger. On n'est pas obligé de combiner les deux.

Faut-il savoir parler la langue du pays ?

J'ai parlé de vivre dans un pays dont on ne parle pas la langue dans cet article. Et maintenant que je suis au Japon depuis 1 an et demi ... sachez que j'ai peu pris le temps d'étudier, que je connais les expressions de politesse et c'est plus ou moins tout. Ce n'est pas l'idéal selon moi, mais il faut trouver la motivation et le temps.

Et quand bien même vous parleriez la langue de vos apprenants, c'est à vous de voir si vous souhaitez l'utiliser en cours. Peut-être que l'établissement où vous travaillerez vous demandera de ne pas passer par la langue du pays et d'enseigner exclusivement en français. Ça pourra aussi dépendre de vos étudiants, j'ai par exemple eu des étudiants qui ont expressément demandé à recevoir les explications de grammaire en anglais pour ne pas perdre de temps en classe.
Il ne faut rien, ça dépend des circonstances et des attentes de vos étudiants/vos lieux de travail.


En espérant avoir pu vous éclairer ; j'ai pris et adapté les questions qui revenaient le plus souvent dans mes messages. J'ai aussi pris la liberté de ne pas même mentionné les questions presque déplacées que j'ai pu recevoir quelques fois.
Encore une fois, lire des témoignages en ligne c'est bien mais renseignez vous auprès de professionnel ; je sais que les conseillers d'orientation n'ont pas bonne réputation mais ils sont normalement à votre service, c'est leur métier de vous guider et de vous aider à vous informer. Vous pouvez aussi aller voir les étudiants et enseignants des départements de FLE (sociolinguistique tout ça) lors des portes ouvertes des universités.

16/04/2020

Premier trimestre 2020 - la situation à Tokyo - Corona et compagnie

De Le 16/04/2020
Nous sommes à la mi-avril et je suis enfin à la maison, en télétravail après deux gros mois d’interrogation et de frustration. Avec l’annonce de l’état d’urgence à Tokyo et quelques autres préfectures, mon entreprise avait dans un premier temps encouragé les étudiants à prendre des cours par Skype plutôt que de se déplacer à l’école, et finalement vendredi dernier le boss de la boîte dont je dépends a indiqué que nous pouvions travailler depuis chez nous et que l'ensemble de l'enseignement se ferait par appel vidéo.

Je ne suis pas spécialement satisfaite d’être “bloquée” chez moi mais au moins maintenant je suis fixée, je n’ai plus de questions à me poser, je m’inquiète moins des contacts que je pourrais avoir avec les gens.
Ce premier trimestre de 2020 a été quelque chose, pour de multiples raisons.
une de mes dernières sorties ; le 17 mars (mon dernier resto aussi ce jour là)

Janvier

Difficile de me souvenir exactement de quand on a commencé à entendre parler de ce virus ; au début du mois j’ai pu célébrer mon anniversaire sans encombre. Au travail c’était relativement calme, comme un premier mois de trimestre. Et en jetant un coup d’oeil à mon calendrier je me rends compte que j’ai fait pas mal de trucs. J’ai visité un nouveau quartier près de chez moi, je suis allée au musée à la fin du mois et l’amie avec qui j’ai passé cette journée avait déjà commencé à porter un masque chaque fois qu’elle prenait le train.


Quand j’y repense, il y avait pas mal de monde au Mori Museum ce dimanche là fin janvier … et je ne me souviens pas que grand monde portait un masque. À ce moment là je ne m’inquiétais pas tellement, on ne savait pas encore grand chose. Je crois que les informations concernant la situation en Chine ne faisaient qu’être révélées.

Février


Nouveau mois et nouvelle célébration ! Cette fois, mon copain et moi on fêtait nos un an ensemble ; on a donc passé la journée dans mon quartier préféré et le centre commercial où nous sommes passés proposait une bouteille de désinfectant à l’entrée, de même au restaurant il me semble. C’était au tout début du mois, et il m’a demandé si j’avais des masques à la maison. Il se trouve que ce n’est pas encore tout à fait dans mes habitudes, je n’en porte que quand je suis malade. J’avais eu une angine en décembre donc il m’en restait quelques uns. Mais quand j’ai souhaité en acheter … plus rien en rayon ! En tout cas dans les quartiers que je fréquente. NI une ni deux, à notre date suivant il m’a gentiment donner une grosse boite de masques en m’encourageant à en porter.
S’il n’avait pas insisté je pense que j’aurai juste mené ma vie sans trop me soucier des masques, tout le monde n’en portait pas encore. Mais finalement je me suis forcée un peu, certains jours j’ai oublié d’en mettre un en partant au travail, mais j’ai pris l’habitude. Je porte donc un masque quotidiennement depuis la mi-février. À cette époque, et même un peu plus tard on s’est gentiment moqué que je prenais trop de précautions, que de toutes façons le masque ne protège pas vraiment. J'ai tout de même continuer, ça ne pouvait pas faire de mal et je ne regrette pas du tout maintenant.

À l’école, les étudiants arrivaient avec des masques mais les enlevaient pendant le cours. Certains étudiants m’ont mise en garde, m’ont indiqué les quartiers où ne pas me rendre (entendre : les quartiers prisés des touristes chinois) et on a commencé à parler du virus quotidiennement. Dans les locaux où je travaille on a une télévision constamment allumée, souvent sur la chaine de France24, donc info en continue, de nombreux reportages sur le Corona yadiyada … 

Aussi, en février j’ai enfin fait des recherches et contacté une association pour commencer les cours de japonais. J’étais enfin motivée, j’avais trouvé une association qui offrait des cours dans mon budget, qui était facilement accessible, j’ai fait mon cours d’essai gratuit, que j’ai beaucoup aimé, le 18 février. Dès la fin du cours j’indique à la femme en charge que je souhaite m’inscrire, elle me donne le formulaire et me dit qu’on s’occupera de mon inscription la semaine suivante avant le cours. Et bien ce premier cours n’est jamais arrivé ! 
Un ou deux jours avant mon cours je reçois un email indiquant qu’aux vues de la situation l’association avait décidé de ne pas offrir de cours en mars… et que la dernière semaine de février était annulée par la même occasion. Déception mais bon, les femmes en charge de l’association sont des petites mamies pas toutes jeunes et on entend beaucoup dire que le virus est principalement un risque pour les personnes âgées.

Mars

The worst ! Toujours la même chose : suivre les infos en Europe, clairement trop pour mon bien être mental pour être honnête, porter un masque, ne rien toucher, se laver constamment les mains, ne parler que de ça et de l’inaction du gouvernement japonais. 
Ils ont finalement fermés les écoles avant la fin de l’année scolaire, un peu rapidement, sans trop y réfléchir, juste pour agir. Ils ont apparemment été critiqué. Ça a un eu un impact sur les entreprises avec le fait que des employéEs (évidemment) ont du rester à la maison pour s’occuper des enfants, les adolescents qui n’allaient plus en cours allaient en fait quand les quartiers commerçants. Big mess !
Ça a été un mois où les étudiants ont commencé à me parler de télétravail, des difficultés qu’ils rencontraient, du fait qu’ils n’aiment pas ça, ou que pour leur entreprise “ce n’est pas possible” … Ou qu’ils ont beaucoup de travail car ils doivent faire leurs tâches et celles d’un collègue absent. 

Les Jeux Olympiques sont enfin repoussés ! Et je crois que c’est surtout le fait que certains pays aient indiqué qu’ils ne comptaient plus venir qui a un peu forcé la main du Japon. Jusque là, il y avait très peu de tests faits, au Japon la société se pense toujours au dessus du virus. On fait passer le quotidien et les habitudes avant le virus. Les entreprises changent légèrement leurs horaires pour éviter les heures de pointes à leurs employés … Mais tout le monde a eu la même idée donc … on tourne en rond. Le nombre de tests augmente depuis que les JO ne sont plus sur la table mais clairement … y’a un soucis. Quand on voit la situation en Europe … comment serait-ce possible qu’au Japon personne ne soit malade ? Il y aurait bizarrement un grand nombre de décès dû à des pneumonies ... suspect


Le 24 mars mon copain et moi sommes allés à Nakameguro, un quartier populaire et d’autant plus lors de la floraison des cerisiers. Nous n'y étions pas allés l'an dernier et j'avais très envie de profiter du "calme" de cette année pour y mettre les pieds. Finalement il y avait pas mal de monde pour un après-midi en semaine, la police s'occuper de guider les passants, on était pas les uns sur les autres donc ça allait selon moi.
Nous devions partir en weekend cette semaine là. Un petit voyage hors de Tokyo pendant 3 jours que j'attendais avec impatience depuis le mois de décembre. On était un peu inquiet et il avait déjà commencé à mentionner que nous devrions annuler notre voyage. Le jeudi on a donc décidé de ne pas se déplacer … Déjà que mars n’avait pas été un mois très amusant, j’étais super déprimée et frustrée. Je suis toujours un peu triste en y repensant maintenant, mais de toutes façons la météo était horrible ce weekend là. 
C’est aussi ce weekend là que le gouvernement a demandé aux gens de rester chez eux. Le weekend précédent avant été un weekend de trois jours et beaucoup de gens avaient voyagé. Mais juste le weekend hein, la semaine faut aller travailler !
J’ai tout de même réussi à le voir rapidement autour d’un café en extérieur et d’une balade au palais impérial le 30 et 31 mars. Ces jours-là justement il a mentionné que l’on devrait se voir un peu moins, faire encore plus attention et, en ne rigolant qu’à moitié, il m’a demandé de ne pas rester collée à lui. Guilty as charged ! Un peu vexant mais j’oublie un peu vite qu’il vit avec sa famille et que je ne voudrais pas être responsable de rendre tout le monde malade. Bref on a pas mal parlé, de ce que l’on pouvait faire, et finalement c’était la dernière fois qu’on s’est retrouvé. 

Avril

Son université lui a demandé de rester à la maison et de réduire ses sorties au minimum, et maintenant je reste aussi à la maison. Sortir pour se voir serait irresponsable. J’essaie donc de me faire une petite routine à base de cuisine, de yoga (mes premiers pas ^^), de films, de séries, de bains, d’appels avec ma famille et désormais de LINE date avec mon copain ^^ et aussi de travail puisque j’ai la chance de pouvoir continuer à travailler et les étudiants commencent enfin à prendre des cours via Skype. Vous serez surement surpris d’apprendre que les japonais ne sont pas hyper à l’aise avec la technologie et que les cours à distance demandent beaucoup d’efforts et de sortir de sa zone de confort pour les étudiants. Certains sont même surpris que je puisse bosser depuis chez moi ; ils pensaient que je devrais me rendre à l’école pour donner le cours sur Skype. Je suis tellement contente de ne pas avoir à faire cela, ça serait une prise de risque bien inutile. 
Ma sortie de la semaine sera le supermarché pour les grosses courses et le kombini pour compléter quand c’est nécessaire. 
Le fait de rester à la maison depuis une semaine maintenant, je me rends compte que j’aime vraiment là où j’habite bien qu’il y ait quelques inconvénients. Je peux profiter de beaucoup de soleil dans ma chambre, chambre qui n’est pas trop petite, je peux y rester la plupart de la journée sans que ça ait un impact négatif sur mon humeur. Je mets tout de même un point d’honneur à ne pas manger dans ma chambre ces derniers jours, histoire de changer un peu d’environnement, ne serait-ce que pendant les repas. 

En ce qui concerne la situation de Tokyo et du Japon ... j'ai commencé à lâcher l'affaire tellement ils sont frustrants et incompétents ... En résumé on laisse penser que le virus sévit la nuit, attention à ne pas rentrer trop tard, ne pas aller au bar après le boulot, il y a eu des clusters dans les quartiers "chauds" de Tokyo, on laisse donc planer l'idée que ça serait un virus qui s'attaque aux gens peu fréquentables ... Le gouvernement a choisi de distribuer à chaque foyer deux masques en tissue lavable ... j'ai vu des photos aujourd'hui ... ils sont très petits, ils n'ont pas l'air bien épais et surtout, deux par foyers, est-ce bien suffisant ? D'ailleurs pour rappel dans ma maison nous sommes 10 ! 
Autrement le Japon a eu un peu de temps entre le début de l'épidémie et les infections sur place (si on accepte l'idée que ça ne fasse que commencer); mais apparemment ils n'ont pas utilisé ce temps à bon escient et les hôpitaux commencent à être à capacité ... La gouverneur de Tokyo semble essayer de faire au mieux, en cette mi-avril les magasins "non-essentiels" sont désormais fermés, les salles de jeux, les cinémas aussi ... mais les accros aux arcades et au pachinko (le casino du coin) s'en vont dans les banlieues de Tokyo pour jouer ...
C'est affligeant ... j'en apprend beaucoup et beaucoup trop rapidement sur la politique japonaise ... 
Je suis finalement bien contente d'être à la maison et de pouvoir prendre les mesures que je considère nécessaires moi-même. Mais ça, ça ne sera possible que tant que l'état d'urgence est en place, on verra le 6 mai où on en est ... Sinon, évidemment, ici il n'est pas question de confinement puisque le gouvernement n'en a pas le pouvoir - c'est donc purement sur la base du volontariat ... on se retrouve donc avec des parcs blindés de gamins. Les quartiers commerçants tel que Shibuya sont bien désertés mais ce n'est pas le cas des quartiers résidentiels. Je ne vous parle même pas des gestes barrières, le respect des distances entre les personnes n'était en place que dans le train début avril et les supermarchés ne font pas la taille nécessaire pour que ça puisse être possible je pense ... bref ... frustration ... 

Tellement d'autres points à aborder, à mentionner mais je crois que ce pavé est suffisant pour le moment. N'hésitez pas à commenter ou poser des questions ! 

01/01/2020

2020 ; je continue sur mon chemin des petites résolutions

De Le 01/01/2020
Je n'ai jamais été une adepte des résolutions pour la nouvelle année. Parce que dans le doute, au cas où je ne pourrais pas les tenir, j'ai juste préféré ne pas en prendre. Et j'avais pas vraiment de projet ou peut-être même la volonté de changer quoi que ce soit.

Et puis l'an dernier j'ai décidé d'en prendre. Des petites, des trucs réalistes, qui je savais qu'ils allaient être bénéfique pour moi, pour ce que j'avais envie d'accomplir. Et aussi parce que j'étais motivée à devenir une meilleure version de moi-même après une année où je ne m'étais pas trop écoutée. 

2019

Fin décembre l'an dernier j'ai donc, tout haut, partagé mes projets. J'allais me lever plus tôt le matin ! Et ne pas continuer ce cercle de "je me lève pour partir au boulot - je me couche en rentrant du boulot" ... Avec les horaires en décalées, on est vite dans un engrenage pas super sain. Fini le réveil à 10h30 ! De façon assez progressive si je me souviens, j'en suis arrivée à me lever à 8h. Et si je me suis couchée de façon à être assez reposée, il m'arrive de démarrer ma journée à 7h30 si je me réveille plus tôt. Le truc un peu improbable quand on sait à quel point j'aime dormir et trainer au lit. Mais le manque de productivité et de "vie" en dehors de mon travail me posait problème.
Désormais je ne me lève plus après 10h ! Je ressens une réelle différence sur mon humeur et ma fatigue. De la même manière, sauf quelques exceptions de ci de là, je suis en général prête à m'endormir à 23h. 

Mon autre défis c'était de cuisiner plus. Après tout, j'avais choisi la maison où j'habite toujours parce qu'il y avait une cuisine digne de ce nom. Et qu'en plus de faire des économies, je fatiguais un peu des options du kombini. Finalement, je n'ai pas vu de grand changement concernant l'aspect financier, car je cuisine ce que je connais, c'est à dire plutôt européen, et que je pense que ça se ressent sur la facture. Mais je me sens mieux, je pense que je mange un peu mieux, je mange vraiment ce dont j'ai envie. Y'a parfois quelques ratés mais bon, c'est le jeu. Et en décembre, à cause de la fatigue et du manque de motivation je n'ai pas cuisiné autant que d'habitude et j'ai repris le chemin du kombini ... clairement maintenant je sais que ma résolution restera avec moi, je n'ai plus vraiment envie de manger ces plats tout-prêts.
Le kombini, c'est fini!
Et finalement, celle que je n'aurai pas tenu : faire du sport !
Ça avait bien commencé et puis finalement ... ça a fait plouf ... 
Mais avec la marche quotidienne, et mieux manger (j'ai aussi suivi le jeune intermittent une majeur partie de l'année) j'ai perdu les kilos que j'avais pris en France pendant ces mois un peu bizarre à rester à la maison. Je ne vois pas une grande différence, surement parce que ça a été progressif, mais je me sens mieux sans ces 6 kilos. Ou peut-être que c'est juste un tout ! Je me sens mieux, je me sens bien. 

Alors en 2020 ?

Je continue avec les trucs petits, mais réalisables puisque ça semble fonctionner que j'imagine que ce sont les petites choses qui mènent aux grandes ^^

Je veux lire plus ; je veux faire en sorte de prendre le temps de lire. J'adore les livres, j'aime lire, mais dans la vie quotidienne ... je n'y pense pas, ou alors j'ai la flemme ! Parce que trainer sur Youtube c'est plus simple surement ... Surtout qu'il y a plein de livres que j'aimerai lire. Mon plan c'est donc de lire quand je suis dans le train, en général j'arrive à avoir une place assise, mais il m'est déjà arrivée de lire debout quand mon livre était vraiment passionnant. Si je pouvais lire 12 livres sur l'année je pense que je pourrai me dire que j'ai accompli quelque chose.
Le sport ! Je sais que ça me fait du bien, physiquement et mentalement donc je le garde dans mes résolutions ; maintenant que j'ai perdu du poids je voudrais me muscler et surtout avoir un moment où je ne pense à rien. Donc je vais tenter de faire une séance une fois par semaine. Vous la voyez la barre ? Bien bas ? ^^ 

Et enfin ... la seule résolution qui me semble douloureuse mais nécessaire : ÉTUDIER LE JAPONAIS ! Après un an ici je pense qu'il est définitivement temps que je m'y mette réellement ... je ne sais pas trop par quel bout commencer, j'ai très peur de ne pas réussir, d'apprendre des trucs qui ne me serviront pas ... C'est mon Everest de cette année.

Bien sûr je souhaite continuer ce blog et essayer d'être plus régulière mais je ne veux rien m'imposer donc ça ne sera pas dans mes résolutions de cette année. 

Keeping tracks

Pas sûre que ce soit une résolution, mais j'ai décidé de me lancer dans un bullet journal pour suivre mes efforts et mes accomplissements. Cette année j'ai pris l'habitude de suivre mes dépenses chaque jour sur une application et de faire le point tous les mois dans un beau tableau excel ; je vais donc utiliser mon journal pour suivre toutes ces autres choses et m'organiser.

あけましておめでとう。

23/11/2019

Japanniversary - Bilan de la 1ère année

De Le 23/11/2019
Nous y sommes ! Ça fait un an que j'habite au Japon ; 12 mois complets. Même un mois de plus puisque je poste cet article en retard par rapport à mes prévision ^^ C'est la plus longue période de temps que je passe dans un pays de manière continue. Techniquement j'ai passé plus de temps aux Etats-Unis, mais d'ici quelques mois le Japon prendra la première place ! 
Cette première année au Japon a eu des hauts et des bas, rien de dramatique, plutôt comme des vagues, tantôt de frustration, tantôt de sérénité. Mais surtout, l'année est passée très rapidement et maintenant je me dis que j'aurai peut-être dû garder des notes, me faire un petit journal ... je vais tout de même essayer de dresser un portrait de cette année qui vient de s'écouler.

J'ai officiellement mis le pied au Japon le 29 Octobre 2018, mais vous ne m'en voudrez pas de faire l'impasse sur ces trois jours. Ils étaient de toutes manières un peu étranges, à ne pas avoir grand chose à faire, à gérer le décalage horaire ...

Novembre - Décembre - Janvier

J'avais l'an dernier fait le point fin novembre et fin décembre, et en les relisant j'ai toujours la même sensation. Novembre a été un mois compliqué ; beaucoup de choses à gérer, des difficultés à demander des informations ou un coup de main, le stress au travail, et le manque de vie sociale. Si mes souvenirs sont bons je pense que mon régime alimentaire n'était pas top, donc ça a certainement joué sur mon moral.
En décembre tout est un peu rentré dans l'ordre, je me suis fait une petite routine après mon déménagement, j'ai tenté de sortir de ma zone de confort, j'ai fait quelques rencontres. Mes vacances pour la nouvelle année ont été très calmes, j'étais légèrement déçue mais j'avais besoin de me reposer, de prendre le temps d'appeler des amis et ma famille. En Janvier j'avais bien pris mes marques et je faisais mon petit bout de chemin dans le froid japonais. J'ai aussi profiter d'avoir un jour de congé un samedi pour sortir de Tokyo pour un petit voyage à la journée. Il faisait très froid mais Kawagoe s'est révélée être une petite ville sympathique. 
Kawagoe - lots going on in one shot

Février - Mars - Avril

La période a été relativement calme ; le stress de mon arrivée était officiellement derrière moi, j'ai commencé à trouver mes repères dans la ville et dans ma nouvelle vie. Je me suis concentré sur ma nouvelle relation avec mon copain ; mais je n'ai rien préparé pour la Saint Valentin à la japonaise. Je compte me rattraper cette année, maintenant que je suis mieux renseignée ^^
Puis est venu le temps des cerisiers ! Le cliché mais oui j'ai eu l'occasion de faire hanami quelques fois. Mais rien de spécial en Avril.
Date night au parc de Chidorigafuchi au coeur de Tokyo

Mai - Juin - Juillet

Cette période de beau temps, si on oublie la maudite saison des pluies, a été synonyme d'activité ! C'est aussi le moment où j'ai enfin eu accès à mes congés payés et où il y avait tout de même quelques journées de congés nationaux donc j'en ai profité pour voyager et découvrir le Japon.
Daikannon à Sendai - la plus grande statue d'une déesse au Japon
Il y a d'abord eu la Golden Week - une succession de congés qui s'est révélé exceptionnellement longue en 2019. J'ai eu 10 jours non-travaillés consécutifs ! Mais puisque tout le pays est en vacances les prix dans le domaine du tourisme gonflent et en n'ayant rien prévu à l'avance je n'en ai pas profité autant que j'aurai pu. Mais finalement ça s'est bien configuré ; j'ai partagé mon temps entre Tokyo et Sendai, une ville au nord de l'île principale du Japon. J'ai adoré ce petit coin et j'en ferai un article. Et mon copain et moi avons prévu notre premier week-end hors de la ville à la fin mai juste avant que la saison des pluies ne nous empêche de profiter des extérieurs. J'ai donc enfin mis les pieds à Kamakura.
En juin 梅雨 tsuyu a pointé son nez à mon plus grand désespoir ... Je crois que je garde tout de même un meilleur souvenir de cette saison des pluies en Corée du Sud. Il se trouve que cette année elle a été relativement longue et s'est étendu jusqu'à la mi juillet ... et nous a bien embêté lors d'un autre week-end à Nikko ... 
Photo oblige à Nikko - mon appareil photo est mort lors de ce voyage, propriété de mon BF ^^
Sinon juin et juillet ont été les mois où je me suis affairée à mes papiers pour la demande de visa que j'ai finalement obtenu le 9 juillet ! Mes articles sur les démarches administratives sont très consultés donc j'imagine que je ferai un récapitulatif sur l'obtention d'un visa travail au Japon prochainement. 

Août - Septembre - Octobre

J'ai eu quelques jours de congé lors de la période d'Obon en Aout et j'ai enfin fait mon baptême de Shinkansen, ce train rapide japonais si spécial. Premières impressions : je n'ai même pas senti le départ tellement c'était smooth et c'est quand même très confortable. Pas que j'en ai eu véritablement besoin, mais petite déception sur le fait qu'il m'a été impossible de me connecter au wifi ... au prix du ticket je trouve ça un peu embêtant. Ces vacances à Kanazawa avec mon copain ont été courtes selon les standards français, quatre jours, mais finalement suffisantes pour se changer les idées.
Kenroku-en à Kanazawa ; sûrement ma ville préférée pour le moment
En tout cas l'été a été éprouvant en ce qui concerne la météo ; il a fait vraiment chaud et humide ... comme prévu j'imagine. Ça aurait été incroyablement pénible sans la merveilleuse invention qu'est la clim !!! Mais ça ne m'a pas empêché de passer du temps à l'extérieur avec des amies de passage à Tokyo, avec un peu de préparation, une gourde, des lingettes désodorisantes et quelques pauses dans des cafés ça se fait bien si vous êtes en bonne santé. Mais soyez prévenu ! Vous allez dégouliner ^^
Je vous ai raconté ma journée à Jogashima ici
Cette première année s'est finalement achevée lors de mes vacances à la fin du mois d'octobre. J'ai ingénieusement organisé quelques jours de congés payés et des échanges de shifts avec mes collègues pour obtenir une pause de 9 jours consécutifs et une amie est venue me rejoindre pour visiter Tokyo et partir quelques jours à Kyoto.
Premier jour de vacances en octobre, la vieille de mon départ à Kyoto le temps était maussade à Asakusa
Finalement au bout d'un an j'ai encore beaucoup à apprendre ; j'ai par exemple découvert la semaine dernière l'existence d'un supermarché bien moins cher que celui où je fais habituellement mes courses, et qu'il y en a un à moins de 15 minutes à pied de chez moi ! Je commence aussi à prendre plus de risques en ce qui concerne la nourriture japonaise : j'ai mangé mon premier okonomiyaki fin octobre et mon premier tayaki quelques jours plus tard ! Ça fait aussi un an bientôt que mon copain me dit que je dois essayer le natto. Par contre, je n'ai pas l'impression d'avoir adopté beaucoup de comportements japonais ; surement parce qu'il y en a moins qu'en Corée du Sud (?) ou que je fréquente moins de japonais ... Mystère. Il y a aussi de nombreuses choses que je ne souhaite pas adopter. Je valide pas contre la tranquillité des transports !!!

Je termine cet article sur l'avancé de ma découverte du Japon ; il y a quelques semaines cette carte du Japon à remplir était à la mode sur Twitter. J'ai mis la mienne à jour suite à mes dernières vacances ; là voici. Petit teasing sur les voyages que j'ai à raconter :)

01/01/2019

Retour sur Décembre 2018 - On fini l'année joliment et simplement

De Le 01/01/2019
Première chose à noter pour parler de ce mois de décembre, je n'ai pas été très présente sur le blog. De manière générale j'ai l'impression d'avoir passer moins de temps sur l'ordinateur que le mois précédent. J'ai été assez connecté mais plutôt via mon téléphone et bien que je l'utilise pour de nombreuses choses, rédiger des articles sur un petit écran et un petit clavier ... non merci. Mais j'ai même l'impression que j'ai passé moins de temps à échanger avec ma famille et mes amis à l'étranger ; j'estime que c'est plutôt bon signe. J'ai moins besoin de me raccrocher à tous ça, je me sens mieux c'est certain et clairement c'est arrivé plus vite que je ne le pensais. 

Alors finalement ce mois de décembre c'était comment ?
Autant je ne voyais pas novembre arriver à sa fin, décembre est passé tel un ouragan. Un peu comme le vent qui souffle en ce moment sur Tokyo ^^ 

Voyons, oui commençons par un point météo ! 

Il fait froid !!! Et c'est arrivé beaucoup trop rapidement, je me vois encore la première semaine de décembre, en fin de soirée assise dans un parc à discuter et me dire "il commence à être tard, pourquoi fait-il si lourd ?". Je n'avais même pas encore sorti mon manteau et une semaine plus tard le froid est arrivé sans crier garde. Autant 20 degrés début décembre c'était bizarre, mais je les regrette un peu ...
Je ne vais pas mentir, il ne fait pas horriblement froid. Quand je repense à la météo en Corée du Sud l'hiver dernier je me dis que ca pourrait être bien pire ; et ça l'est d'ailleurs, ils battent des records de froid actuellement il me semble. Je vais compter les jours en attendant le printemps et m'acheter des hot packs quand j'aurai envie de passer du temps à l'extérieur. Je regrette aussi mon horrible doudoune ... elle était moche mais confortable. Je ne peux pas en dire autant de mon manteau jaune !
sunrise & sunset
habiter et travailler en ville ; toujours quelque chose dans le champ ^^

Mon déménagement

Grand moment de mon mois ! J'ai enfin déménagé ! Et pour le moment je n'y vois que des avantages. Je gagne un peu de temps sur mon trajet pour aller au travail, j'ai une plus grande chambre et je me sens à l'aise chez moi. J'habite désormais dans une share house réservée aux femmes depuis deux semaines. J'ai enfin fait rapidement connaissances avec certaines de mes colocs ... seul petit point noir au tableau, la communication ne va pas être évidente mais j'ai finalement rejoint le groupe chat de la maison donc avec mon ami GoogleTranslate on va essayer de faire au mieux. 
Je dois encore meubler un peu ma pièce ; j'ai un énorme placard typiquement japonais. Parfait pour y mettre plein de choses mais terrible niveau organisation. Et je veux rendre ma chambre un peu plus cosy ; mon soucis du moment c'est de trouver des lampes d'ambiance pour pouvoir me défaire du terrible plafonnier à néon #lesvraisproblèmes
Dans tous les cas, il m'aura fallut quelques allers-retours entre mes deux maisons pour emmener mes affaires ; dont une soirée épique où je me suis baladée avec mes valises entre les stations à 1h du matin ^^ parce que pourquoi faire des choix entre ce qu'il faut faire et ce que l'on a envie de faire ?!

Ma routine

Clairement, ce qui rythme le plus mon quotidien c'est mon travail et les horaires de train ^^ j'ai malgré moi suivi un jeune intermittent aussi ; pas forcément une mauvaise chose. Mais il est toujours compliqué pour moi de coordonner mes repas avec mes activités professionnelles et personnelles. Un jour je mange trop, un autre pas assez. 
Mais de manière générale j'ai enfin pris mes petites habitudes dans cette grande ville. J'ai aussi pris des habitudes spécifiques à Tokyo et son rythme ; oui moi aussi je me jette sur une place qui se libère dans le train maintenant. Jugez moi ! En attendant, je suis plus à l'aise pour lire mon bouquin. Parce que j'ai recommencé à lire. Enfin ! Et franchement le train c'est l'idéal tellement c'est calme. Dans ma routine y'a surement aussi "faire la tronche dans le métro" parce que je m'adapte à mon environnement. 

Ma vie sociale

Sujet vaste et important ^^
C'est aussi pour ça que je me sens mieux ; j'ai passé un peu plus de temps avec mes collègues que j'ai appris à connaitre, j'ai pris contact avec quelques personnes. Merci à la technologie ! Je suis sortie de ma zone de confort ; j'ai rencontré quelques personnes après avoir discuté en ligne et j'ai été à un événement MeetUp. Pas facile mais ça n'a pas été un désastre ; j'ai travaillé mes nerfs et ça valait le coup. Mais nouveau rythme et nouvelle ville ne rendent pas les choses faciles pour rencontrer de nouvelles personnes ... Un travail toujours en cours ^^

Et Noël dans tout ça ?

C'est le gros moins de mon mois de décembre ... Je m'y attendais un peu. J'ai eu du mal à réaliser que c'était la période des fêtes ; alors oui Tokyo est illuminé, certains quartiers sont très jolis mais l'atmosphère n'y est pas. Noël ici est plutôt fêté pour les jeunes enfants, et c'est principalement un moment romantique pour les couples. ET on mange du poulet (de KFC souvent). 
J'ai d'abord décidé de faire comme ci ça allait juste être un jour normal, mais les réseaux sociaux m'ont rappelé à l'ordre à l'approche du jour J ... J'ai décidé d'y mettre un peu du mien et d'aller me promener pour voir les illuminations, on m'a emmené au Tokyo Dome et pour être honnête c'est le seul endroit où j'ai senti que c'était un peu Noël, une semaine en avance. 
Une de mes collègue a proposé un lunch de Noël le 23, c'était sympa mais ça n'a fait que me rappeler que c'était Noël mais que je le fêtais pas vraiment. Non pas que l'on fasse de grandes célébrations dans ma famille, mais il me manquait un truc. Je me suis résignée à ne rien faire ... et on m'a finalement proposé de sortir le 24 (ou peut-être que j'ai tendu la perche) ; j'ai eu un aperçu du Marché de Noël à Hibiya park. Je vous cache pas que en cette soirée de réveillon c'était plein de monde, pas aussi oppressant que Shibuya à Halloween mais pas loin. Heureusement le parc avait aussi des coins plus calme et j'ai finalement passé le réveillon à discuter avant que le froid ne nous pousse à rentrer chez nous. Histoire de dire que c'était Noël j'ai regardé Elf le 24 et Love, Actually le 25. Alors non je n'ai pas passé un mauvais réveillon ; mais ça aurait pu être n'importe quel jour si on oublie les illuminations dans les rues. Mais pour le moment Noël au Japon, ben c'est pas Noël !

Et le nouvel an ...

C'est ici une fête que l'on passe en famille ; donc pas de célébration pour moi. Je suis sortie dans l'après-midi encore une fois, j'ai passé un bon moment mais j'ai acheté mon diner à la supérette à coté de chez moi et j'ai glandé sur internet jusqu'à minuit histoire de dire que "ah oui ça y est on a changé d'année" ^^

Je ne reviendrai pas sur l'année 2018 dans sa globalité, je n'en ressens pas le besoin. C'est passé, c'est terminé, je crois que j'ai réussi à atteindre les objectifs que je m'étais fixée, j'ai fait un dernier grand saut en arrivant à Tokyo et maintenant je me sens prête pour 2019. Je ne me fixe pas de grands objectifs, je pensais en avoir besoin mais finalement avancer sans trop savoir c'est bien aussi. C'est moins stressant. J'ai l'impression d'avoir pris 10 ans d'un coup en voulant être plus calme et prendre du temps pour moi. Je ferai peut-être un article sur la façon dont je vois les choses dernièrement. Affaire à suivre. =)